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Guinée : le Palais du Peuple, la mémoire en héritage

Au lendemain de l’indépendance, en 1958, après que le peuple guinéen a largement rejeté par référendum le projet gaulliste de communauté française, le président Sékou Touré fait de Conakry la capitale de la République populaire et révolutionnaire de Guinée. Il lance dans la foulée la construction de bâtiments administratifs modernes, de larges avenues, de monuments à sa gloire et à celle de la révolution, qui transforment l’ancien comptoir colonial en « perle de l’Afrique de l’Ouest », première capitale socialiste africaine.

Pas pour longtemps cependant, car le virage dictatorial du régime de Sékou Touré offrira rapidement à cette ville les pires crimes de son histoire, ceux d’une répression aveugle et sanglante, de la pendaison d’opposants aux tortures du camp Boiro, véritable goulag tropical qui sera détruit à partir de 2009 sans pour autant sombrer dans l’oubli.

Conséquence : parmi les bâtiments de l’époque de Sékou Touré qui restent debout, le Palais du Peuple est aujourd’hui le plus emblématique. Le chef suprême de la révolution guinéenne en avait fait sa propre « ambassade », y recevant les grands de ce monde, leur offrant le meilleur de la culture guinéenne, du groupe Bembeya Jazz aux ballets africains, lors de représentations mémorables dans la mythique salle des congrès du Palais du Peuple, aujourd’hui désaffectée.

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