Politique

Mali : Assimi Goïta pressé de toute part

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Mis à jour le 10 novembre 2021 à 10:34

Assimi Goïta à Accra, au Ghana, le 15 septembre 2020. © CHRISTIAN THOMPSON/EPA-EFE/MAXPPP

Lundi 8 novembre, les autorités maliennes ont officialisé auprès de la Cedeao leur volonté de reporter les élections prévues le 27 février 2022. Désormais, Bamako va devoir faire avec les sanctions de l’organisation et le mécontentement d’une partie de la classe politique.

La ligne rouge avait été clairement tracée par la Communauté économique des états d’Afrique de l’Ouest (Cedeao), mais les autorités maliennes ont fini par la franchir. C’est à l’occasion du sommet extraordinaire des chefs d’État de l’organisation, le 7 novembre, que la junte dirigée par Assimi Goïta a annoncé officiellement ce que chacun savait déjà : son souhait de repousser les élections présidentielle et législatives prévues le 27 février 2022. Soit poursuivre la transition entamée à la chute d’Ibrahim Boubacar Keïta au-delà de dix-huit mois.

Si Bamako s’est justifié en invoquant la situation sécuritaire, le président nigérien, Mohamed Bazoum, et son homologue sénégalais, Macky Sall, ont déclaré que le seul but de la junte était de « gagner du temps ». Lors de sa dernière visite à Bamako en octobre, le médiateur de la Cedeao au Mali et ancien président nigérian, Goodluck Jonathan, avait exhorté les autorités à rendre public un chronogramme clair d’ici à la fin du mois. En vain.

Face à ces manquements, le renforcement des sanctions de la Cedeao ne s’est pas fait attendre. Les dirigeants maliens et leurs familles ont désormais interdiction de voyager hors de la zone ouest-africaine et leurs avoirs financiers vont être gelés. Les membres du Conseil national de transition (CNT), l’organe législatif, sont aussi concernés par ces mesures coercitives. Selon toute vraisemblance, l’Union africaine et l’Union européenne vont emboîter le pas à l’organisation ouest-africaine.

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