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Pourquoi les cadres marocains n’ont pas le moral

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Bien que pessimistes sur leur quotidien professionnel, les cadres marocains s’accrochent à leur poste, conscient que le marché de l'emploi est encore difficile.

Les cadres marocains ont le moral dans les chaussettes. 60 % d’entre eux se disent démotivés au travail, d’après une étude menée auprès de 2 900 cadres par le site de recherche d’emploi ReKrute.com. Seuls 10 % estiment que leur vie professionnelle est stimulante, 19 % qu’elle est épuisante et un quart qu’elle est décourageante. Qu’est-ce qui explique ce blues généralisé ?

Salaire et missions

Au regard de l’étude, deux sources majeures de la motivation des cadres au travail ne sont pas satisfaites. La première concerne leur rémunération. Dans le royaume de Mohammed VI, les salaires ont en effet tendance à stagner depuis plusieurs années. Et bien qu’ils soient repartis à la hausse en 2016, l’augmentation s’observe surtout dans les grandes entreprises et sur une poignée de secteurs comme l’industrie pharmaceutique ou l’énergie, explique la dernière enquête L’Économiste-Sunergia sur les salaires au Maroc. Résultat, 62 % des cadres ne sont pas satisfaits de leur rémunération.

La seconde frustration découle des missions qui leur sont attribuées. 55 % des sondés estiment que leur employeur leur donne peu ou pas les moyens d’atteindre leurs objectifs. Une insuffisance qui s’ajoute à un manque de renouvellement des tâches à accomplir. Ainsi, 65 % des sondés n’entrevoient aucunes évolutions dans leur carrière.

Paradoxe

Les cadres marocains se sentent dès lors ignorés. 54 % confirment un manque de reconnaissance professionnelle et 69 % assurent que rien est mis en place dans leur entreprise en termes de bien-être au travail.

Et pourtant, dans un contexte de faible création d’emploi, où la main d’œuvre est plus importante que les besoins des entreprises, les cadres, même insatisfaits, préfèrent s’accrocher à leur poste. C’est pourquoi une majorité (52 %) se montrent optimistes quant à leur avenir au sein de leur employeur actuel. Quitte à empêcher le marché de l’emploi de se renouveler lui aussi.

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