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Cet article est issu du dossier «Démission de Bouteflika : les six semaines qui ont ébranlé l'Algérie»

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Politique

Algérie : la présidence d’Abdelaziz Bouteflika depuis avril 1999

Abdelaziz Bouteflika, dans son bureau de vote d'Alger lors du scrutin local du 23 novembre 2017. © Anis Belghoul/AP/SIPA

Abdelaziz Bouteflika briguera un cinquième mandat lors de l'élection du 18 avril prochain. Le président algérien dirige le pays depuis deux décennies.

L’agence officielle APS a annoncé ce dimanche 10 février que Abdelaziz Bouteflika briguerait un cinquième mandat lors de la présidentielle du 18 avril. Le président algérien part déjà grand favori.

C’est le 15 avril 1999, que Bouteflika, adoubé par l’armée, est élu pour la première fois à la présidence (à 73,79 % des voix), durant les années de terrorisme. Son élection est contestée par ses six adversaires qui s’étaient retirés la veille du scrutin en affirmant que les « jeux étaient faits ».

Le 16 septembre, il obtient un « oui » massif au référendum sur l’amnistie des islamistes n’ayant pas commis de crimes de sang et de viols et se soumettant à l’autorité de l’Etat.

Après sa réélection en 2004, un nouveau référendum, en septembre 2005, permet l’adoption d’une « Charte pour la paix et la réconciliation », offrant le « pardon » aux islamistes encore dans le maquis en échange de leur reddition. Les années de terrorisme ont commencé début 1992, après la décision des autorités d’annuler les législatives à la suite de la large avance au premier tour fin 1991 du Front islamique du salut (FIS), dissous par la suite.

Ce conflit a fait 200 000 morts, selon les chiffres officiels. Près de 15 000 islamistes ont déposé les armes depuis 1999.

Attentats jihadistes

Le 11 avril 2007, deux attentats à Alger, dont l’un visant le Palais du gouvernement, sont revendiqués par Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi), ex-Groupe salafiste pour la prédication et le combat (GSPC) algérien. Le 6 septembre, le cortège de Bouteflika est la cible d’un attentat suicide, et le 11 décembre deux attaques visent le siège du Conseil constitutionnel et des agences de l’ONU, également revendiqués par Aqmi.

En janvier 2013, une prise d’otages spectaculaire sur le site gazier d’In Amenas (1300 km au sud-est d’Alger) est menée par un commando islamiste. Elle prend fin après un assaut des forces spéciales: 40 salariés et 29 assaillants sont tués.

Plus de limitation du nombre de mandats présidentiels

Le 9 avril 2009, Bouteflika est élu (à 90,24 % des voix) pour un troisième mandat. L’année précédente, le Parlement avait adopté une révision de la Constitution supprimant la limitation à deux du nombre de mandats présidentiels.

En janvier 2011, des émeutes contre le coût de la vie font cinq morts et plus de 800 blessés, dans le sillage de la révolte populaire en Tunisie voisine. Pour contenir le mouvement, Bouteflika annonce des réformes, jugées cependant insuffisantes par l’opposition.

En mai 2012 puis en mai 2017, l’alliance soutenant Bouteflika, formée du Front de libération nationale (FLN, ex-parti unique) et du Rassemblement pour la démocratie (RND), conserve la majorité absolue au Parlement.

La santé du président

En avril-juillet 2013, après un accident vasculaire cérébral (AVC), Bouteflika est hospitalisé durant 80 jours à Paris, où il avait déjà été hospitalisé en 2005 pour un ulcère hémorragique à l’estomac.

L’AVC le laisse affaibli et souffrant d’importantes séquelles. En septembre, il marque pourtant son autorité avec un important remaniement ministériel et réduit l’influence des services secrets. Le 17 avril 2014, il est réélu (à 81,49 % des voix) pour un quatrième mandat. Il prête serment en fauteuil roulant et sera de nouveau hospitalisé à plusieurs reprises en Europe.

Purges au sein du pouvoir

Le 30 janvier 2016, la présidence s’affirme comme centre du pouvoir avec la dissolution du DRS (Département du renseignement et de la sécurité), considéré comme un « Etat dans l’Etat » et dont le patron, le puissant général Mohamed Mediene dit « Toufik », avait été limogé en septembre.

Le 15 août 2017, le Premier ministre Abdelmadjid Tebboune est limogé, trois mois à peine après sa nomination, sur fond de sourdes luttes de clans à la tête de l’Etat. Il est remplacé par Ahmed Ouyahia, jusqu’ici chef de cabinet du chef de l’Etat et déjà chef du gouvernement à trois reprises.

Début novembre 2018, plusieurs journaux font état de la mise en liberté de cinq généraux, en détention préventive depuis mi-octobre dans le cadre d’une enquête sur de présumées malversations. Ces généraux avaient été mis à la retraite durant l’été dans le cadre d’une vague de limogeages dans la haute hiérarchie militaire.

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