Diplomatie

Maroc-Zambie : une pluie d’accords bilatéraux tombe pendant la visite de Mohammed VI à Lusaka

Le roi du Maroc pendant la COP 22 à Marrakech, en novembre 2016. © Mosa'ab Elshamy/AP/SIPA

Le roi du Maroc est en Zambie dans le cadre de sa tournée en Afrique australe. Sans surprise, au menu : coopération économique et rapprochement politique.

C’est devenu un classique des visites royales en Afrique. À chaque fois que Mohammed VI met les pieds dans un pays du continent, une pluie d’accords bilatéraux se met à tomber. Ces accords sont préalablement préparés par la présidente de la Confédération générale des entreprises du Maroc (CGEM), Meriem Bensalah Chaqroun, qui précède à chaque fois le souverain dans ses déplacements, afin de prospecter sur des opportunités d’affaires.

Les VRP du roi

Lundi 20 février, la Zambie, pays jusque-là absent des radars marocains, a intégré l’agenda officiel du royaume. Dix neuf accords ont été signés entre Mohammed VI et le président Edgar Lungu. Diplomatie, éducation, services aériens, agriculture… La liste est longe.

Comme d’habitude, le cercle rapproché de M6 était là au grand complet. Ce lundi encore, le président de Casablanca Finance City Authority (CFCA), Saïd Ibrahimi, celui d’Attijariwafa Bank, Mohamed El Kettani, le directeur général de la Fédération marocaine des sociétés d’assurance et de réassurance, Mohamed Hassan Bensalah, et le patron de la Banque centrale populaire (BCP), Mohamed Benchaâboun, ont signé, sous le regard attentif de M6 et de son conseiller proche, Fouad Ali El Himma, des mémorandums d’entente avec leurs homologues zambiens.

Le trio formé par le ministre des Affaires étrangères, Salaheddine Mezouar, le ministre de l’Industrie, Moulay Hafid Elalamy et celui de l’Agriculture, Aziz Akhannouch, s’est chargé, quant à lui, des accords ministériels.

RASD : une position contradictoire

Selon les Marocains, la Zambie fait partie de « la petite minorité » de pays qui reconnaissent le Polisario et qu’ils veulent rallier à leur cause. Mais sa position officielle sur ce sujet est hésitante, pour ne pas dire contradictoire.

Le ministre des Affaires étrangères zambien, Harry Kalaba, a bel et bien déclaré à Rabat, en juillet 2016, que son pays avait retiré sa reconnaissance à la République arabe sahraouie démocratique (RASD). Mais le 10 janvier 2017, il a reçu avec les honneurs le chef sahraoui, Brahim Ghali. Et le 9 février, soit dix jours après l’adhésion du Maroc à l’Union africaine (UA), c’est toujours le même Kalaba qui visite Alger et y exprime son souhait de voir « respectées » les frontières du Sahara, et que le Maroc ne « perde pas de vue que la Sahara occidental est un pays membre de l’UA ».

Lusaka est prise entre l’enclume marocain et le marteau algérien. Comme d’autres pays de l’Afrique anglophone, ses relations avec le Polisario sont historiques. Mais cela ne rebute, pas la diplomatie marocaine qui fait tourner la machine du business pour favoriser un rapprochement politique.

Le Maroc gagnant

Économiquement, Rabat est gagnante. La Zambie est un pays à haut potentiel. Les cours du cuivre, principale ressource de ce pays d’Afrique australe (15% du PIB), ont commencé à reprendre des couleurs et la Banque mondiale envisage un taux de croissance de 4% pour ce pays en 2017.

Pour assurer sa sécurité alimentaire, la Zambie s’est lancée dans la diversification de son secteur agricole et elle entend s’orienter vers les énergies renouvelables afin de pallier les risques de coupure d’électricité, dues à la sécheresse. Deux secteurs qui sont au cœur de l’offre marocaine en Afrique.

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