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Burkina : ouverture d’une enquête visant l’armée sur des accusations de crimes contre des civils

Ouagadougou a annoncé samedi vouloir faire toute la lumière sur des tirs d’obus qui auraient fait des dizaines de morts dans la région de Djibo.

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Mis à jour le 13 novembre 2022 à 12:22

Le nouveau Premier ministre burkinabè, Apollinaire Kyelem de Tembela, le 26 octobre 2022. © OLYMPIA DE MAISMONT / AFP

Les faits remontent à mercredi 9 novembre et concernent le 14e Régiment Interarmes de Djibo (nord), qui « aurait tiré des obus sur les villages de Holdé, Yaté, Ména et Dabere-Pogowel, situés à environ 10 km du camp militaire », selon une note du Haut Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme (HCDH) adressée au gouvernement.

Des publications largement relayées sur les réseaux sociaux ont fait état au cours de la semaine de dizaines de civils tués lors de ces incidents. Le HCDH n’a pas pu « établir de bilan exact ».

« Manipulation et désinformation »

« Chaque fois que des allégations de violations des droits humains visent nos forces de défense et de sécurité lors d’opérations antiterroristes, des enquêtes approfondies sont diligentées, en vue de faire toute la lumière et sanctionner les auteurs de cas de violations établies », a annoncé le porte-parole du gouvernement Jean-Emmanuel Ouedraogo dans un communiqué.

Le gouvernement pointe du doigt « les groupes armés terroristes coutumiers de la manipulation et de la désinformation ».

M. Ouedraogo a appelé « l’opinion nationale et internationale à ne pas tomber dans ces pièges perfides orchestrés par des terroristes aux abois dans le dessein de jeter l’opprobre » sur les forces de sécurité, assurant être « particulièrement soucieux du respect des droits humains » dans sa « lutte contre le terrorisme ».

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Depuis 2015, le Burkina est régulièrement endeuillé par des attaques jihadistes de plus en plus fréquentes ayant fait des milliers de morts et contraint quelque deux millions de personnes à fuir leurs foyers.

Blocus jihadiste

La zone de Djibo, grande ville du nord du pays, est particulièrement touchée par ces violences. La ville est même sous blocus jihadiste depuis plusieurs mois et fin octobre 10 soldats y ont été tués dans l’attaque de leur base militaire.

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Cette dégradation de la situation sécuritaire a été invoquée pour justifier les deux coups d’État perpétrés cette année dans le pays : le premier fin janvier, du lieutenant-colonel Paul-Henri Sandaogo Damiba contre le président Roch Marc Christian Kaboré, et un autre fin septembre, qui a porté le capitaine Ibrahim Traoré au pouvoir.

Investi le 21 octobre président de la transition par le Conseil constitutionnel, le capitaine Traoré s’est donné pour objectif « la reconquête du territoire occupé par des hordes de terroristes ».

(Avec AFP)