Politique

Centrafrique : au-delà du bitcoin, le bras de fer entre Touadéra et la France s’intensifie

En adoptant le bitcoin comme monnaie officielle, le président centrafricain pousse un peu plus loin encore sa stratégie de confrontation avec la France et la rupture qu’il entend affirmer avec Paris. Coulisses d’un coup de poker.

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Mis à jour le 11 mai 2022 à 17:47

Rencontre entre Faustin-Archange Touadera et Emmanuel Macron, le 5 septembre 2019 à l’Élysée. © Mustafa Yalcin/Anadolu Agency/AFP

Le 22 avril dernier, Faustin-Archange Touadéra (FAT) a promulgué une loi sur la cryptomonnaie, faisant du bitcoin la monnaie officielle et de référence de la Centrafrique au côté – pour le moment – du franc CFA. Depuis, Bangui rencontre l’opposition de la Banque des États d’Afrique centrale (BEAC), et notamment de son gouverneur, le Tchadien Abbas Mahamat Tolli. Mais FAT n’entend pas reculer et a prévu de présenter la nouvelle monnaie numérique centrafricaine dans quelques jours à Dubaï.

Outre le pari monétaire et budgétaire – destiné à donner de l’air à des finances publiques dans une situation catastrophique –, le chef de l’État applique une stratégie de rupture avec la France. Selon nos sources, celle-ci lui est conseillée depuis des mois par cinq collaborateurs : les ministres Sani Yalo, Pascal Bida Koyagbele, Fidèle Gouandjika et Rameaux-Claude Bireau, ainsi que son chef de cabinet Donatien Maleyombo.

Un quintette anti-Français