Arabie saoudite : Saad Al-Jabri, l’épine dans le pied de MBS

La publication du rapport Khashoggi remet en lumière le cas de Saad Al-Jabri, l’ex-espion en chef du royaume wahhabite, qui accuse le prince héritier Mohammed Ben Salman de tentative d’assassinat.

L’ex-chef des renseignements saoudiens Saad Al-Jabri détiendrait des informations qui pourraient nuire au prince héritier MBS. © Olivier Douliéry / Getty Images

L’ex-chef des renseignements saoudiens Saad Al-Jabri détiendrait des informations qui pourraient nuire au prince héritier MBS. © Olivier Douliéry / Getty Images

Publié le 8 mars 2021 Lecture : 9 minutes.

C’est une affaire embarrassante de plus pour Mohammed Ben Salman (MBS), pourtant soucieux d’améliorer son image auprès de la communauté internationale. Dans une action en justice qu’il a initiée, Saad Al-Jabri, un ex-haut responsable du renseignement saoudien et proche conseiller du prince héritier déchu Mohammed Ben Nayef (MBN), accuse MBS de tenter de le neutraliser et de le ramener en Arabie saoudite par tous les moyens depuis 2017, année où il a fui le royaume.

Le prince héritier saoudien a envoyé des agents ratisser les États-Unis pour le localiser. L’ex-espion se trouvait en réalité au Canada. Il a envoyé un commando spécial pour, selon Saad Al-Jabri, l’assassiner. Les agents ont été refoulés à la frontière canadienne. MBS a également déposé une demande d’arrestation et d’extradition à Interpol pour corruption. L’organisation policière a qualifié la requête de « politiquement motivée plutôt que strictement juridique ». À Riyad, il est allé jusqu’à faire arrêter ses enfants, Omar et Sarah, 22 et 20 ans. Rien n’y a fait. Saad Al-Jabri, fidèle à sa qualité d’espion, demeure insaisissable.

Insaisissable

Le rapport des renseignements américains sur le meurtre de Jamal Khashoggi, rendu public le 26 février, remet en lumière le cas de Saad Al-Jabri. Dans ce document de quatre pages, la direction des renseignements américains affirme que MBS a « validé une opération à Istanbul, en Turquie, pour capturer ou tuer le journaliste saoudien Jamal Khashoggi ». Or dans sa plainte, Saad Al-Jabri soutient que MBS a envoyé l’escadron du Tigre pour tenter de l’assassiner à deux reprises au Canada, en octobre 2018 et en mai 2020. Il s’agit de la même équipe accusée d’avoir assassiné Jamal Khashoggi dans le consulat d’Arabie saoudite à Istanbul.

À l’aide d’une infographie détaillée, Saad Al-Jabri explique comment Bader Al-Saker, homme de main de MBS, aurait recruté des étudiants saoudiens aux États-Unis pour recueillir des informations et localiser l’adresse de Saad Al-Jabri après sa fuite d’Arabie saoudite pour envoyer l’escadron du Tigre à ses trousses. En mai 2017, l’ex-espion avait assuré à MBS qu’il était en chemin vers Boston, où il possède une résidence. Il était en réalité en Turquie, jusqu’à son exil au Canada en septembre 2017.

Bien s’informer, mieux décider

Abonnez-vous pour lire la suite et accéder à tous nos articles

Image
Découvrez nos abonnements
la suite après cette publicité

La rédaction vous recommande

[Série] Arabie saoudite : les petits business de MBS (2/5)

Contenus partenaires