Politique

[Série] Arabie saoudite : les petits business de MBS (2/5)

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Mis à jour le 23 décembre 2021 à 10:33

Le roi Salman avec le jeune prince Mohammed Ben Salman (à dr.) © Courtesy of Al Saud Family

« L’histoire secrète de l’ascension de MBS » (2/5). Mohammed Ben Salman a très tôt compris que, pour peser politiquement dans le royaume saoudien, il fallait beaucoup d’argent. Il a réagi, en se lançant dans les affaires. Selon sa méthode : audacieuse et rugueuse.

Quinze ans. C’est, selon les témoignages, l’âge auquel Mohammed Ben Salman (MBS) a cessé d’être un adolescent essentiellement préoccupé par les jeux vidéo et victime de la malbouffe à l’américaine. Lors d’une discussion avec un cousin, le jeune prince prend soudainement conscience que son père, le prince (et futur roi) Salman, est loin d’être fortuné – du moins selon les critères de la famille royale saoudienne – et, pis, qu’il s’est endetté auprès d’autres membres de la famille et de plusieurs hommes d’affaires.

Petite prison privée

Cette découverte est à l’origine d’une angoisse profonde chez MBS, celle de voir le « clan Salman » marginalisé. L’adolescent déclare à son père qu’il veut ouvrir un commerce, une ambition pour le moins inhabituelle pour un Saoud et qui n’arrache rien de plus qu’un sourire à son géniteur.

Certes, celui qui n’est alors « que » le prince Salman est l’un des membres les plus influents de la famille. Gouverneur de Riyad, il dispose d’une petite prison privée destinée à châtier la parentèle qui s’est mal conduite – ivresse sur la voie publique, factures impayées à Paris, conduite dangereuse, etc.