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Cet article est issu du dossier «Côte d'Ivoire : effervescence générale à l'approche de la présidentielle de 2020»

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Vie des partis

Présidentielle 2020 en Côte d’Ivoire : Guillaume Soro en embuscade

Lors du lancement de son mouvement, le 15 février. © ISSOUF SANOGO/AFP

Guillaume Soro n’en fait plus mystère. Son avenir ne se jouera pas sur les berges de la Charles River, à Harvard, aux États-Unis, où il souhaitait entreprendre un PhD en finances, mais bien sûr sur celles de la lagune Ébrié, à Abidjan.

Depuis qu’il a démissionné de la présidence de l’Assemblée nationale, le 8 février, Guillaume Soro est devenu l’un des principaux opposants, avec Henri Konan Bédié, le président du Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI).

Dès le 15 février, le député de Ferkessédougou (Nord) a fondé le Comité politique (CP), une rampe de lancement pour la présidentielle de 2020 et une étape dans la création d’un grand mouvement fédérant ses divers soutiens (calqué sur le modèle de La République en marche, du Français Emmanuel Macron).

Je suis au chômage parce que je ne voulais pas être RHDP. On m’a arraché le tabouret, mais je vise un fauteuil plus confortable, résume-t-il amusé

L’ossature de cette formation en gestation est constituée de trois partis politiques – l’Alliance nationale pour le changement (ANC), d’Alphonse Soro, ex-cadre du Rassemblement des républicains (RDR, parti présidentiel) ; le Rassemblement pour la Côte d’Ivoire (Raci), de Kanigui Soro, député de Sirasso ; le Mouvement pour la promotion des valeurs nouvelles en Côte d’Ivoire (MVCI), de Félicien Sékongo – et d’une cinquantaine d’associations et clubs de soutien.


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Le stratège ne laisse rien au hasard. Avec son équipe, il a lancé une pétition afin de récolter au moins 800 000 signatures, de cibler ses électeurs potentiels et d’établir une base de données. Surtout, depuis mars, Guillaume Soro s’est installé dans le Nord, fief du chef de l’État, pour une campagne de proximité dont l’objectif est de démontrer aux populations l’abandon de leur région par la majorité présidentielle. Une démarche qui a évidemment irrité le Rassemblement des houphouétistes pour la démocratie et la paix (RHDP), le parti unifié du président Alassane Ouattara.

En narguant la majorité, Guillaume Soro semble considérer l’arène politique comme une aire de jeux plutôt que comme un champ de bataille. « Je suis au chômage parce que je ne voulais pas être RHDP. On m’a arraché le tabouret, mais je vise un fauteuil plus confortable », résume-t-il dans un éclat de rire.

Complicité remarquée

Bien plus discrètement, l’ex-chef rebelle discute avec le camp de l’ancien président Laurent Gbagbo, en liberté conditionnelle à Bruxelles, et n’a pas rompu les liens avec Simone Gbagbo, l’ex-première dame, deuxième vice-présidente du Front populaire ivoirien (FPI).

Avec Henri Konan Bédié, il cultive une relation filiale et n’hésite pas à s’afficher régulièrement en sa compagnie. Une nouvelle complicité remarquée, comme lors du dîner de gala, le 23 mars, de Servir, la fondation d’Henriette Konan Bédié, donné dans la salle des congrès du Sofitel Ivoire d’Abidjan et au cours duquel Henri Konan Bédié et Guillaume Soro se sont adonnés à un de leurs péchés mignons : le cigare… Alors que la législation en vigueur interdit de fumer dans les lieux publics fermés.

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