Politique

RDC : un proche de Katumbi s’oppose aux manifestations anti-Tshisekedi

| Par - à Kinshasa
Le président congolais Félix Tshisekedi lors de son investiture à Kinshasa en République démocratique du Congo, le jeudi 24 janvier 2019.

Le président congolais Félix Tshisekedi lors de son investiture à Kinshasa en République démocratique du Congo, le jeudi 24 janvier 2019. © Jerome Delay/AP/SIPA

Gabriel Kyungu wa Kumwanza, président du bureau provisoire de l’Assemblée nationale et proche de Moïse Katumbi, a opposé son veto à toutes les manifestations contre le président Félix Tshisekedi. Une position qui isole davantage Martin Fayulu, le candidat de la coalition Lamuka.

« On doit constituer un groupe de soutien au nouveau président pour l’aider à réussir pendant son mandat », a déclaré d’entrée de jeu Gabriel Kyungu wa Kumwanza, président du bureau provisoire de l’Assemblée nationale, , le 5 février, depuis son bureau au sein du palais du Peuple de Kinshasa.

Ce proche de Moïse Katumbi a appelé la classe politique congolaise à soutenir le mandat de Félix Tshisekedi à la tête de la RDC. S’opposant à toute manifestation de « résistance » annoncée contre Félix Tshisekedi, Gabriel Kyungu wa Kumwanza s’est même dit prêt à travailler avec le nouveau président. « Le fait qu’il travaille pour le peuple, nous ne pouvons que travailler avec lui », a souligné le coordonnateur de la coalition Lamuka dans le grand Katanga (Haut-Katanga, Tanganyika, Lomami).

Fayulu de plus en plus seul

La position de Gabriel Kyungu wa Kumwanza isole davantage Martin Fayulu, le candidat de la coalition Lamuka, qu’il a soutenu lors de la présidentielle du 30 décembre 2018 et avait reçu le soutien de deux poids lourds de l’opposition, Moïse Katumbi et Jean-Pierre Bemba.

On a mené le même combat et nous lui souhaitons bonne chance

Martin Fayulu, qui poursuit la contestation contre l’élection de Félix Tshisekedi à la magistrature suprême, comme Adolphe Muzito et plusieurs autres, a peu mobilisé lors de son meeting du 2 février dernier. 3 800 personnes étaient présentes, selon la police. Plusieurs haut cadre de la plateforme Ensemble étaient également absents.


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« Il y a nos amis qui sont en place, ils ont fait le même combat avec nous, moi et Moïse Katumbi nous ne pouvons pas s’ériger en obstacle pour combattre ceux qui sont là. On a mené le même combat, et nous lui souhaitons bonne chance, on ne peut pas s’ériger en ennemis contre eux », s’est ainsi justifié Gabriel Kyungu wa Kumwanza.

Reproches à l’entourage de Tshisekedi

Le président du bureau provisoire de l’Assemblée nationale a néanmoins fustigé les attaques provenant des proches de Félix Tshisekedi contre le président de la plateforme Ensemble pour le changement, Moïse Katumbi.

« Tout le monde doit savoir que la situation actuelle est l’aboutissement d’un combat mené ensemble. Que ceux qui sont aujourd’hui au pouvoir sachent qu’il faut se mettre maintenant au travail plutôt que de chercher la petite bête par-ci par là. Il y a certaines personnes qui croient que, quand il y a un petit obstacle devant eux, c’est Moïse Katumbi. Je pense qu’on doit mettre de l’ordre dans l’entourage du chef de l’État actuel […]. Nous refusons toute attitude de provocation », a-t-il déclaré.

Les exilés Katumbi et Bemba doivent rentrer au pays… Ne perdons pas de temps

Pour le retour des prisonniers politiques

Comme Delly Sesanga, secrétaire général d’Ensemble, et l’opposant Jean-Claude Muyambo, Gabriel Kyungu wa Kumwanza a demandé au nouveau chef de l’État la libération des prisonniers politiques et de permettre le retour des exilés, dont Moïse Katumbi et Jean-Pierre Bemba.


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« Le nouveau pouvoir doit mettre en oeuvre l’accord de la Saint-Sylvestre. […] Il y a des gens qui sont en prison pour rien, Franck Diongo [arrêté fin 2016, ndlr], Diomi Ndongala [en prison depuis 2013, ndlr] doivent tous être sortis de prison. Les exilés Katumbi et Bemba doivent rentrer au pays… Ne perdons pas de temps », a-t-il déclaré, tout en plaidant pour le « rapatriement de la dépouille de (s)on ami Étienne Tshisekedi ».

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