Elections

RDC : Félix Tshisekedi, investi président, jure de « défendre la Constitution »

Félix Tshisekedi, président élu de la RDC, donne l'accolade à Joseph Kabila, lors de son investiture le 24 janvier en 2019. © Jerome Delay/AP/SIPA

Félix Tshisekedi a officiellement été investi le 24 janvier président de la République démocratique du Congo. C'est la première passation de pouvoir légale de l'histoire du pays. Le nouveau président a assuré vouloir « défendre la Constitution » et travailler à la construction d'un « Congo réconcilié ».

« Je jure solennellement devant dieu et la nation d’observer et de défendre la Constitution et les lois de la République », a déclaré Félix Tshisekedi depuis le Palais de la nation à Kinshasa où il a été investi devant plusieurs milliers de personnes, promettant de « maintenir son indépendance et l’intégrité de son territoire ».

Après la prestation de serment, aux alentours de 14h10 (13h10 GMT), plusieurs coups de canons ont été tirés, tandis que Félix Tshisekedi s’est vu remettre les symboles de sa charge. Le président sortant Joseph Kabila a remis au président élu le drapeau de la République démocratique du Congo, dans un geste particulièrement symbolique et historique pour le pays. Il s’est également vu remettre le texte de la Constitution, qu’il a brandi devant la foule enthousiaste.

Joseph Kabila et Félix Tshisekedi se sont ensuite donné une longue accolade, avant de se serrer la main. Le président sortant a ensuite quitté l’estrade, pour rejoindre la tribune, encadré par sa garde rapprochée.

« Nous honorons un Congo réconcilié »

Reuters

Nous ne célébrons pas la victoire d’un camp contre un autre, nous honorons un Congo réconcilié

C’est ceint de l’écharpe de président de la République que Félix Tshisekedi a ensuite pris la parole. « C’est un jour historique (…). Nous ne célébrons pas la victoire d’un camp contre un autre, nous honorons un Congo réconcilié », a déclaré le président de la RDC, promettant de construire un pays qui « ne sera pas un Congo de la division, de la haine ou du tribalisme ».

Évoquant une « étape dans la transition démocratique » du pays, il a insisté sur le fait que son investiture était « le commencement d’un autre combat dans lequel nous voulons engager le peuple congolais : le combat pour le mieux être des citoyens de ce pays ».

« Nous nous engageons à respecter nos obligations constitutionnelles », a-t-il par ailleurs insisté. Félix Tshisekedi a également tenu à saluer les deux candidats arrivés derrière lui selon les résultats proclamés par la Ceni et validés par la Cour constitutionnelle : Martin Fayulu – « notre frère » – qu’il a qualifié de « soldat du peuple », ainsi qu’Emmanuel Ramazani Shadary.


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« Notre dispositif électoral mérite des ajustements »

Jerome Delay/AP/SIPA

Félix Tshisekedi s’est engagé à « recenser tous les prisonniers politiques (…) en vue de leur prochaine libération »

S’il a salué le fait que l’élection avait été organisée « pour la première fois sur fonds propres et sans intervention extérieure », il a également souligné que « notre dispositif électoral mérite des ajustements ». Autre point abordé, et non des moindres : Félix Tshisekedi s’est engagé à « recenser tous les prisonniers politiques (…) en vue de leur prochaine libération ».

Il a rendu hommage à son père, Étienne Tshisekedi, un « combattant ». « Cet homme d’exception dont le sort personnel est lié à l’histoire de notre pays », dont il a vanté « le charisme, la rigueur morale, la ténacité et le dévouement ».

Il a également salué en Joseph Kabila, « l’un des acteurs de la matérialisation de l’alternance démocratique ». « Nous n’oublions rien de nos combats politiques, des moments difficiles traversés dans un climat politique non apaisé », a-t-il souligné, avant d’affirmer, s’adressant à Kabila, qu’« aucun de ces moments n’a pu altérer votre détermination à permettre au peuple congolais de se choisir librement ses dirigeants ».


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Discours interrompu quelques minutes

Alors qu’il abordait la question de l’importance des ressources du sous-sol congolais, Félix Tshisekedi a interrompu de manière surprenante à son discours. Apparemment très ému, il a soudain suspendu le fil de son texte, a adressé des remerciements à la foule et aux personnalités présentes, avant de clore.

Après quelques minutes de flottement, il a repris le fil de son discours. « J’ai connu un petit moment de faiblesse », a-t-il déclaré, avant de reprendre son texte en listant une série d’engagements dans les domaines sociaux, économiques et diplomatiques.

Se disant favorable à une nouvelle loi électorale, il a également promis l’organisation prochaine d’un recensement, en vue de procéder à « un rééquilibrage nécessaire » entre les provinces.

Il a terminé son discours d’investiture en remerciant, « au nom du peuple Congolais que je représente en tant que président de la République » les personnalités de haut rang venues y assister. « Vive la RDC, vive la renaissance africaine », a-t-il lancé avant de quitter l’estrade sous les acclamations de la foule.

Des milliers de partisans présents

« L’émotion est à la hauteur du moment historique (…). Joseph Kabila quitte la scène, du moins son fauteuil, par la grande porte », s’était réjoui Vidiye Tshimanga, porte-parole de Félix Tshisekedi, quelques minutes avant la cérémonie, où des centaines de personnes avaient afflué dès le début de la matinée, dont près de 2 000 partisans de l’UDPS.

À son arrivée à 13h10 (12h10 GMT), Joseph Kabila a rejoint Félix Tshisekedi – arrivé quelques minutes plus tôt avec son épouse – à la tribune d’honneur après avoir parcouru le tapis rouge le menant à celle-ci, tout en saluant la foule compacte présente. Barbe et crâne rasés, le président sortant est allé saluer le président élu. Les deux hommes se sont donné l’accolade, avant que la cérémonie ne démarre officiellement.

Jerome Delay/AP/SIPA

 

Des invités de haut rang

Seul chef d’État présent, le président kényan Uhuru Kenyatta avait fait le déplacement ce jeudi avec Raila Odinga, tandis que plusieurs pays étaient représentés par des responsables de haut rang. Parmi eux, le Zimbabwe et le Burundi  avec leur vice-président, l’Angola avec son chef de la diplomatie, le Maroc avec le président de la chambre des représentants, le Gabon par son Premier ministre Julien Nkoghe Bekale, ou encore l’Afrique du Sud par son ministre du Développement. L’Union africaine était représentée par un chargé politique, tandis que le Sénégal et le Ghana avaient de leur côté dépêché un représentant. Dix-sept chefs d’État avaient été invité.

L’ancien Premier ministre togolais Edem Kodjo, médiateur du dialogue conclu en octobre 2016 par un premier accord entre le pouvoir et une frange de l’opposition, avait également fait le déplacement.

Parmi les chefs de l’État africains absents, Denis Sassou Nguesso, le président du Congo-Brazzaville (représenté par son ministre des Affaires étrangères), ou encore le président rwandais Paul Kagame.

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