Sécurité

Cameroun : au moins 25 séparatistes tués dans des combats dans le Nord-Ouest anglophone

Des militaires camerounais (photo d'illustration). © Rebecca Blackwell BLACKWELL/AP/SIPA

Au moins 25 combattants séparatistes ont été tués le 13 novembre dans des affrontements avec l'armée dans la région anglophone du Nord-Ouest du Cameroun, ont annoncé des sources sécuritaires.

« 25 Amba boys [du nom des séparatistes, ndlr] ont été tués sur les trois accrochages de ce jour [du 13 novembre] à Mbot », localité proche de la ville de Nkambe, a annoncé le 14 novembre une source sécuritaire à Yaoundé, confirmant une information d’une source proche des services de sécurité du Nord-Ouest.


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Une base près de Nkambe

Sur des photos obtenues par l’AFP de la source proche des services de sécurité, une dizaine de corps, présentés comme ceux de combattants séparatistes abattus, sont alignés sur le sol. Des armes, en majorité des fusils de chasse, ont été placées à côté des corps. Les séparatistes avaient établi leur base à l’école publique de Mayo Binka, à quelques kilomètres de Nkambe, selon la même source.

« Cette guerre est réelle. Ça a été un enfer à Donga-Mantung [département dont Nkambe est le chef-lieu, ndlr]. Nous avons pu voir nos pertes », a réagi sur les réseaux sociaux Mark Bareta, un des principaux propagandistes des séparatistes armés, suivi sur Facebook par plus de 100 000 personnes. Il a affirmé que l’armée avait « emmené » les corps de ses soldats tués.

Un conflit qui s’enlise

Selon les deux sources sécuritaires interrogées par l’AFP, aucune perte n’a été enregistrée du côté de l’armée camerounaise. Dans les deux régions anglophones du Nord-Ouest et du Sud-Ouest du Cameroun, une crise socio-politique sans précédent s’est installée fin 2016. Elle s’est transformée fin 2017 en conflit armé. Des affrontements entre armée et séparatistes, regroupés en groupes épars dans la forêt équatoriale, s’y produisent quasiment tous les jours depuis plusieurs mois.

Selon des sources concordantes, aux séparatistes armés se sont ajoutés des bandes armées qui rackettent les populations et les entreprises. Les autorités, qui qualifient les séparatistes de « terroristes », ont procédé depuis début 2018 à un important déploiement de forces de sécurité pour « rétablir l’ordre ». Plus de 200 membres des forces de défense et sécurité camerounaises ont perdu la vie dans ce conflit ainsi que plus de 500 civils, selon les ONG. Ce conflit, qui n’a cessé de prendre de l’ampleur, a déjà forcé plus de 437 000 personnes à fuir leur domicile dans ces régions, selon des chiffres de l’ONU publiés début octobre.

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