Sécurité

Crise anglophone au Cameroun : 79 élèves enlevés dans une école à Bamenda

Lors d'une manifestation de séparatistes anglophone, à Bamenda, le 1er octobre 2017. (Archives). © REUTERS/via Reuters TV

Au moins 81 personnes, dont 79 élèves, ont été enlevées dans la nuit de dimanche 4 à lundi 5 novembre sur le campus du Collège presbytérien de Nkwen dans la ville de Bamenda (région du Nord-Ouest). Les auteurs du rapt n'ont pas encore été identifiés.

Les auteurs de ce kidnapping d’envergure – c’est la plus importante prise d’otages jamais réalisé depuis le début de la crise sociopolitique qui secoue cette région anglophone du Cameroun – n’ont pas encore été identifiés. Selon des sources militaires, l’hypothèse d’une attaque perpétrée par les milices sécessionnistes est « probable ». Mais sur Facebook, Tapang Ivo Tanku, un activiste qui se présente comme le porte parole des Ambazonian Defence Forces (ADF), l’une des milices sécessionnistes actives dans le Nord-Ouest, accuse pour sa part les « forces de Paul Biya » d’être « responsable » de cet acte.

Incertitude sur les circonstances

Les ravisseurs ont enlevé au moins 81 personnes, parmi lesquels 79 élèves, au sein de l’internat de la Presbyterian Secondary School de Nkwen, à Bamenda. L’information a été confirmée à Jeune Afrique par les autorités de la région. Une réunion de crise était en cours, lundi en fin d’après-midi, mais les informations restent encore très parcellaires sur les circonstances de l’enlèvement. Plusieurs responsables de l’établissement scolaire, parmi lesquels le principal, ont été enlevés.


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« Nous n’avons pas entendu de coups de feu. Nous ne pouvons pas vous dire comment cela s’est déroulé », témoigne un voisin de l’établissement joint par JA. « L’école avait été momentanément fermée pendant la présidentielle, mais les cours ont repris il y a environ deux semaines, sans incidents», précise-t-il.

L’enlèvement intervient dans un contexte particulier, qui complique encore la remontée d’informations. L’incertitude est d’autant plus grande qu’une opération « ville morte » était organisée lundi à Bamenda. « Personne ne peut se déplacer en dehors des militaires qui sillonnent la ville. C’est très dangereux dehors », confie ainsi un habitant de la ville, joint par Jeune Afrique.

Les établissements scolaires visés

Les autorités de la région du Nord-Ouest ont indiqué avoir immédiatement renforcé la sécurité autour des autres établissements scolaires de la ville. Les milices sécessionnistes continuent en effet de lutter contre la reprise des cours.

Les attaques des séparatistes armés sur les écoles se sont multipliées ces dernières semaines, notamment à Bambui, une banlieue de Bamenda qui abrite l’université et l’école polytechnique de la ville. Il y a deux semaines, un enseignant y a été tué alors qu’il se trouvait sur le campus universitaire, en route vers son lieu de travail. Quelques jours plus tard, c’est un missionnaire américain qui a été tué par balle dans la même zone, après avoir été pris au piège dans au milieu de combats entre forces de défense et sécessionnistes.


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Les responsables de l’église presbytérienne ne se sont pas officiellement exprimées sur l’enlèvement. Une source interne indique cependant que la question de la fermeture des écoles « est actuellement en débat ».

Une décision similaire avait déjà été prise dans certains établissements à l’approche de l’élection présidentielle, en raison des menaces proférées par les sécessionnistes qui promettaient « la guerre » au cours de cette période. L’élection passée, les responsables d’écoles – parmi lesquels le principal du collège presbytérien de Nkwen – avaient entrepris de demander aux parents de renvoyer leurs enfants sur les bancs de l’école.

L’enlèvement de ces élèves intervient à la veille de la prestation de serment du président Paul Biya, 85 ans, réélu le 7 octobre dernier pour un septième mandat avec 71,28 % des votes. Au cours de la campagne électorale, il avait prescrit « la fermeté et le dialogue » pour sortir de cette crise qui dure depuis deux ans.

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