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Mondial 2014 – Algérie : retour sur l’épopée historique des Fennecs

L’Algérie a été éliminée par l’Allemagne (1-2) lundi en huitième de finale de la Coupe du monde 2014. Une défaite qui n’enlève rien à la performance des Fennecs. Retour sur le parcours de l’équipe nationale algérienne de football au Brésil.

Mis à jour le 1 juillet 2014 à 09:41

Des supporteurs algériens lors du match contre la Russie, le 26 juin 2014 à Curitiba. © AFP

Mis à jour à 11 heures 15

D’Alger à Oran en passant par Paris, Marseille ou Bruxelles, l’engouement fut le même : démesuré et excessif, déraisonné et passionné. Du premier match, le 16 juin, contre la Belgique à l’élimination face à l’Allemagne en huitième lundi 30 juin, les Algériens auront vécu le parcours de la sélection nationale comme une véritable épopée. La défaite contre l’impressionnante nationalmannschaft n’aura rien entamé de cette l’allégresse. Au contraire, ce match aura sans doute conforté les supporters des Fennecs dans leur analyse : oui, ils peuvent être fiers du parcours de leur pays.

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  • La performance sportive

Lors de la phase de poules, l’espoir et le soulagement ont succédé à l’inquiétude. Car le match d’ouverture contre la Belgique fut bien en deçà des attentes et des espérances. Fébriles et sur la défensive, les Fennecs subissent la loi des jeunes Belges et s’inclinent deux buts à un, après avoir pourtant mené un à zéro .

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La pression était donc grande pour les hommes de Vahid Halihodzic avec d’affronter la Corée du Sud. Séduisants offensivement, les Fennecs ont répondu présent. En s’imposant 4 buts à 2, les Algériens se relancent dans ce groupe H, s’offrant le droit de jouer une finale pour la qualification en huitième contre la Russie.

C’est la rencontre la plus importante de l’histoire de l’Algérie. Les Fennecs sont tendus, tentent de prendre les choses en mains, mais sont crucifiés dès la 9e minute. À peine entrée dans le match, l’Algérie est déjà dos au mur. Il faudra une sortie manquée du portier russe pour permettre à Islam Slimani d’égaliser. Ce but relance totalement la partie et les Russes donnent tout pour reprendre l’avantage.

Moins à l’aise dans les attaques placées que dans les contre-attaques, les partenaires de Kokorin assiègent le camp algérien sans parvenir à trouver la faille. Ils n’y arriveront jamais. Le coup de sifflet final de l’arbitre turc libère les vingt-trois Fennecs.

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Que dire du match face à l’Allemagne ? Les Algériens, pleins de courage et de détermination, font jeu égal. Mieux, ils se créent plusieurs situations très dangeureuses. Malheureusement, et comme c’est souvent le cas dans ce genre de rencontre, le manque de réalisme des Fennecs leur sera fatal. Après 92 minutes d’espoir, l’Allemagne marque par deux fois. La réduction du score de Djabou récompensera l’abnégation et la superbe prestation des Verts. Mais elle n’ôtera pas le goût amer de cette élimination.

  • Le Mondial de tous les records

Battre un premier record ne suffisait pas aux joueurs algériens et à leur coach bosniaque. ‘Il ne faut pas trouver d’excuses et aller chercher la qualification", déclarait Vahid Halihodicz après la victoire contre la Corée du Sud, la première en Coupe du monde depuis 32 ans. En résistant à la Russie, cette équipe de l’Algérie aura marqué l’histoire de son pays en se qualifiant pour les huitièmes de finale.

  • Le symbole

Dans un pays où le football est une religion, la performance de l’Algérie est un enjeu de reconnaissance, une question de fierté nationale. L’état d’esprit affiché contre l’Allemagne restera comme le moment fort du parcours de l’Algérie.

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Les Fennecs auront donné une autre image de leur pays qui, pendant près d’une semaine, a fait les gros titres de la presse internationale. La dernière fois que des médias étrangers s’étaient intéressés à l’Algérie, c’était lors d’une élection présidentielle présentée comme une mascarade.

  • La polémique

On savait que le parcours de l’Algérie lors de cette Coupe du monde aurait un écho particulier en France où vivent de nombreux bi-nationaux. La qualification des Fennecs pour les huitième de finale n’a malheureusement pas échappé à la polémique. L’extrême droite s’est engouffrée dans la brèche provoquée par les quelques incidents qui ont émaillé le match contre la Russie et ont entraîné au moins 74 interpellations.

La présidente du Front national, Marine Le Pen, y a vu "la démonstration de l’échec total de la politique de l’immigration et le refus exprimé par un certain nombre de binationaux de l’assimilation". "C’est clairement la volonté de la part d’un nombre non négligeable d’exhiber leur choix de l’Algérie plutôt que de la France", a poursuivi l’eurodéputée. "Il faut choisir : on est Algérien ou on est Français. On est Marocain ou on est Français", a-t-elle martelé.

Voir notre page spéciale Mondial 2014 >>

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Par Vincent DUHEM