Justice

Cameroun : l’opposant Maurice Kamto placé en détention à la prison de Kondengui

L'opposant Maurice Kamto, ici le 8 octobre 2018 à Yaoundé, avait été arrêté le lundi 28 janvier. Photo d'illustration.

L'opposant Maurice Kamto, ici le 8 octobre 2018 à Yaoundé, avait été arrêté le lundi 28 janvier. Photo d'illustration. © REUTERS/Zohra Bensemra/File Photo

Maurice Kamto, le principal opposant de Paul Biya, et 145 autres militants du Mouvement pour la renaissance du Cameroun (MRC), interpellés dans le cadre des marches blanches du 26 janvier dernier, ont été déférés dans la nuit du 12 au 13 février. Ils sont notamment accusés d’« incitation à l’insurrection ».

Maurice Kamto et 145 autres partisans du Mouvement pour la renaissance du Cameroun (MRC) ont été déferrés à la prison principale de Yaoundé, Kondengui, dans la nuit du 12 au 13 février. Ils ont été placés sous mandat de dépôt par le juge d’instruction du tribunal militaire de Yaoundé, après avoir été inculpés pour huit chefs d’accusation, dont « rébellion en groupe », « hostilité contre la patrie », « trouble à l’ordre public » et « d’incitation à l’insurrection ».

Le conseiller à la présidence de la République Christian Penda Ekoka, ainsi que Paul-Eric Kingue, Albert Dzongang, Célestin Djamen et le rappeur Valsero, ont également rejoint cette unité carcérale, où se trouvent déjà 17 militants du même parti, interpellés pour les mêmes motifs. « Le juge a affirmé que l’information judiciaire devrait se poursuivre. Ils seront tous rappelés dans une ou deux semaines à cet effet », a indiqué à Jeune Afrique Me Emmanuel Simh, l’un des avocats de la défense.

S’il est reconnu coupable, le leader du MRC encourt jusqu’à vingt ans de prison.


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« Arrestations arbitraires »

Selon les avocats, les décisions prises par les juges sont « iniques », de nombreuses personnes interpellées n’ayant aucun lien avec le MRC, encore moins avec les marches du 26 janvier, visant à dénoncer un « hold-up électoral ». « Il y a des gens arrêtés pour rien, des gens qui passaient, des gens qui étaient assis chez monsieur Dzongang où Maurice Kamto mangeait. On a arrêté la fille de monsieur Dzongang, jusqu’à son chauffeur… Nous avons en face de nous une dictature féroce. Mais la bataille ne fait que commencer », a ajouté Me Simh.

« Nous n’avons pas pu rencontrer les prévenus depuis près d’une semaine. Même au tribunal, il a fallu près de trois heures pour qu’on puisse parler avec nos clients. Ce sont des atteintes graves aux droits de ces citoyens », a indiqué Me Sylvain Souop, qui dénonce le traitement réservé aux militants du MRC. « On amène des gens au tribunal à 07h et c’est à 23h qu’on commence à les inculper… c’est regrettable ».

Arrivé deuxième à la dernière présidentielle selon les chiffres du Conseil constitutionnel, Maurice Kamto continue de clamer sa victoire à cette élection.

Préoccupations de Paris

La France a également fait part de son inquiétude le 13 février. « Nous sommes préoccupés par ce développement judiciaire et restons attentifs à la situation de M. Kamto et à celle d’environ 200 de ses partisans qui sont détenus », a déclaré Agnès von der Mühll, la porte-parole du ministère français des Affaires étrangères, lors d’un point de presse électronique.

« L’opposition camerounaise, dont il est l’une des figures, doit pouvoir s’exprimer librement, dans le respect de la loi », a-t-elle ajouté.

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