Politique

Barack Obama élu le 4 novembre 2008 : va-t-il changer le monde ?

Voici comment JA commentait, il y a quatorze ans, sous la plume de Marwane Ben Yahmed, l’élection du premier président noir des États-Unis.

Mis à jour le 4 novembre 2022 à 09:56

Barack Obama avec son épouse Michelle et leurs filles Sasha et Malia, le soir sa victoire, à Chicago, le 4 novembre 2008. © Emmanuel Dunand / AFP

On finissait par désespérer de cette Amérique qui, dans le passé, a tant de fois montré l’exemple. Ce pays qui a toujours eu pour rôle de tirer le monde occidental vers le haut, s’est, au cours des huit dernières années, enlisé dans le marécage que laissent en héritage George W. Bush et son administration.

Un métis à la carrière fulgurante

La politique la plus stupide et la plus paresseuse de mémoire d’homme a pourtant débouché sur un sursaut, une quasi-rédemption. Les États-Unis, où les Noirs ne jouissent de leurs droits civiques que depuis moins d’un demi-siècle, ont porté à leur tête Barack Hussein Obama, 47 ans. Un métis à la carrière fulgurante, intelligent, cultivé, brillant orateur, sachant s’entourer et rester à l’écoute.

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Tout le contraire, en somme, de son prédécesseur. Un homme qui collectionne les records : premier Noir à accéder à la Maison Blanche, quatrième plus jeune président de l’histoire du pays (derrière Théodore Roosevelt, John F. Kennedy et Bill Clinton), premier rédacteur en chef « black » de la prestigieuse Harvard Law Review, candidat le plus dépensier de tous les temps : 639 millions de dollars pour son budget de campagne !

Idole planétaire

Comment avons-nous pu être aussi aveugles ? Ce qui vient de se passer est une avancée extraordinaire, une révolution. En quatre ans, l’Amérique a réélu Bush puis s’est jetée dans les bras d’Obama. Personne ou presque n’a pris la mesure des profonds changements en cours au sein de cette société qui échappe, il est vrai, aux grilles de lecture ordinaires. Les États-Unis connaissent mal le monde, mais force est de reconnaître que le monde ne connaît pas mieux les États-Unis.

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L’engouement suscité par l’élection d’Obama constitue, lui aussi, une grande première. En vingt-deux mois, l’illustre inconnu est devenu une idole planétaire, phénomène rarissime chez les hommes politiques… Le monde entier applaudit à tout rompre ? Tant mieux. Les larmes de joie, l’émotion, à Paris, Londres, Madrid, Pékin, Tunis, Dakar, Nairobi ou Sydney ? Bravo. Mais tous ceux qui se félicitent de cette élection – nos dirigeants en premier lieu – seraient-ils prêts à voter pour un métis dans leur propre pays ? Mieux vaut-il peut-être ne pas avoir de réponse à cette question…

Il succède à « Calamity George »

Barack Obama ne peut que mesurer l’ampleur de la tâche qui l’attend, même s’il ne peut faire pire que « Calamity George ». Il jouit d’une aura telle qu’on lui pardonnera aisément les inévitables errements. Il est « équipé » intellectuellement pour mener à bien les travaux d’Hercule annoncés. Il bénéficie d’un entourage familial comme professionnel, de (grande) qualité.

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Une dynamique est enclenchée, qui devrait voir les vertus du dialogue prendre le pas sur la force brute et l’unilatéralisme. L’année 2008, qui rimait jusqu’ici avec peur et tourmentes, se finit donc sur une inattendue note d’espoir. Mais nous n’en sommes qu’aux prémices d’un monde nouveau. Profitons de cette nouvelle donne, notamment en Afrique, pour montrer à l’Amérique qu’elle n’a pas l’apanage du bon sens…