Politique

RDC : les religieux peuvent-ils faire plier Tshisekedi ?

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Mis à jour le 21 octobre 2021 à 10:42

Le nouvel archevêque de Kinshasa, Fridolin Ambongo (à g.), et son prédécesseur, Laurent Monsengwo, au stade des Martyrs, le 25 novembre 2018. © John WESSELS/ AFP

La controverse autour de la désignation de Denis Kadima à la tête de la commission électorale l’a encore montré : les confessions religieuses bénéficient d’un redoutable poids politique en RDC.

Le timbre est éraillé et le souffle court. À force de porter la voix de l’Église catholique dans le bras de fer autour de la désignation du président de la Commission électorale nationale indépendante (Ceni), Donatien Nshole a fini par perdre la sienne. La verve, en revanche, est intacte. « Nous nous sommes toujours battus dans l’intérêt des Congolais, et nous sommes prêts à aller jusqu’au bout », martèle le secrétaire général et porte-parole de la Conférence épiscopale nationale du Congo (Cenco).

En escale entre les deux avions qui, ce 11 octobre, le ramènent de Kolwezi à Kinshasa, l’abbé de 58 ans s’emporte : « Jamais un processus n’a été aussi contesté que celui-ci ! » Lorsque nous l’avions joint, cela faisait déjà plus de trois mois que le courant ne passait plus entre les différentes confessions religieuses du pays. Depuis, la situation ne s’est pas arrangée.

Ces organisations sont au nombre de huit et elles ont, en RDC, la mission hautement stratégique de choisir le président de la Commission électorale, laquelle doit organiser les différents scrutins et dont le chef annoncera les résultats des votes. L’enjeu explique largement le climat délétère dans lequel le processus de désignation s’est déroulé. Méfiance, trahisons, invectives et enregistrements secrets… L’affaire a pris des allures de mauvais feuilleton.

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