Politique

Bénin : Sébastien Ajavon veut être candidat à la présidentielle

Réservé aux abonnés | | Par Jeune Afrique
Sebastien Ajavon, en mars 2018, à Cotonou

Sebastien Ajavon, en mars 2018, à Cotonou © Charles Placide pour JA

L’opposant et homme d’affaires béninois, réfugié en France après avoir été condamné par la justice béninoise pour « trafic de drogue », a l’intention d’annoncer sa candidature à la présidentielle du 11 avril 2021.

Selon nos informations, Sébastien Ajavon est bel et bien décidé à se présenter à l’élection présidentielle béninoise face à Patrice Talon. L’homme d’affaires l’avait déjà laissé entendre de manière allusive dans un post sibyllin publié le 31 décembre sur Facebook. De son côté, le président sortant n’a, pour l’heure, pas officiellement annoncé sa candidature, mais il devrait selon toute vraisemblance briguer un second mandat.

L’homme d’affaire béninois, condamné en octobre 2018 à 20 ans de prison par contumace par la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (Criet) pour « trafic de drogue », a dévoilé son projet aux cadres de son parti, l’Union sociale libérale (USL).

« Se tenir prêts »

Sébastien Ajavon, qui a obtenu le statut de réfugié politique en France en avril 2019, a donné pour consigne à plusieurs des cadres de son parti, dont Abalo Donklam, porte-parole de l’USL, et Émile Koudjo, chargé des actions de mobilisation, de reprendre contact avec les militants afin de leur expliquer sa démarche et de leur demander de « se tenir prêts ».

L’homme d’affaires, tout comme son parti – qui n’est pas légalement reconnu au Bénin –, soutient que les arrêts rendus par la Cour africaine des droits de l’homme et des peuples (CADHP) rendent caduque la décision de la Criet. Il avait en effet saisi la Cour lors d’une offensive judiciaire lancée devant plusieurs instances internationales et notamment menée par l’avocat français Antoine Vey. La CADHP avait ordonné l’annulation de la condamnation d’Ajavon par la Criet en mars 2019. Constatant la non-application de cet arrêt, la Cour d’Arusha avait, en novembre 2019, condamné l’État béninois à verser 36 milliards de F CFA à Sébastien Ajavon.

Le 4 décembre, la CADHP a par ailleurs jugé que la « révision constitutionnelle [de 2019] a été adoptée en violation du principe du consensus national » et a, en conséquence, « ordonné » à l’État béninois « d’abroger » la charte des partis politiques ainsi que cette réforme. Celle-ci prévoit, entre autres, la création d’un poste de vice-président et un système de parrainage des candidats à la présidentielle.

Pour les cadres de l’USL, cette dernière décision marque un « retour à la Constitution de 1990 », cadre légal dans lequel ils estiment que Sébastien Ajavon peut être candidat à la présidentielle. Dans le cas contraire, le parti, qui demande un dialogue national, affirme qu’il n’ira pas aux élections.

Nouveaux recours

Qualifiée de « décision politique » par les autorités béninoises, l’application des arrêts de la CADHP – qui a donné un délai de trois mois au pays pour s’y conformer – n’est pas à l’ordre du jour. La candidature de Sébastien Ajavon a, dans ce contexte, fort peu de chances de devenir effective. L’opposant n’en semble pas moins décidé à la rendre publique, tandis qu’il prévoit, toujours selon nos informations, de déposer de nouveaux recours devant les instances internationales.

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