Finance

[Analyse] La « blockchain », l’héritage prometteur du bitcoin

Par

Rédacteur en chef adjoint Économie.

+ Suivre cet auteur

Le bitcoins est une monnaie électronique inventée en 2009. © Reuters/Jim Urquhart

La bulle a fini par éclater. Depuis avril, le bitcoin évolue entre 5 000 et 8 000 dollars, après avoir atteint près de 19 000 dollars en décembre 2017.

L’écroulement de ce marché est la preuve de la dimension spéculative de la cryptomonnaie, jugeait récemment le Financial Times. Les traders ont changé de cible pour d’autres occasions de profits. Au plus fort de l’engouement, ils avaient soutenu les cours de nombreux avatars du bitcoin. Début janvier, 39 cryptomonnaies totalisaient une valeur supérieure à 1 milliard d’euros.

Si le bitcoin risque de souffrir d’une période de désintérêt, sa création il y a dix ans par Satoshi Nakamoto, dont la véritable identité est toujours inconnue, laisse d’ores et déjà un héritage prometteur : la technologie blockchain. Ce concept de registre décentralisé et infalsifiable, validant les transactions de façon quasi immédiate et sans organe central de contrôle, ouvre la voie à de nombreuses innovations.


>>> À LIRE – Égypte : une fatwa contre le Bitcoin


Parmi les avantages de la blockchain, on peut citer la traçabilité des transactions en temps réel et la possibilité de les partager entre plusieurs institutions, le tout en réduisant les prix de transmission.

Au début d’août, la Banque mondiale a émis un premier emprunt obligataire utilisant cette technologie. L’an dernier, elle avait déjà lancé un laboratoire pour évaluer ses répercussions dans les domaines de la logistique, de la santé, de l’éducation, des paiements frontaliers, etc.

Si aujourd’hui un transfert bancaire international peut prendre cinq jours via le système Swift en faisant intervenir pas moins de cinq intermédiaires, cette technologie mène au même résultat en quelques secondes et pour un coût moindre.

Aux banques centrales d’adopter rapidement une réglementation

Évolution du bitcoin, le protocole Ethereum (qui utilise l’ether comme unité) a introduit en plus la possibilité, au moyen d’applications appelées Smart Contracts, de créer des tokens. Ces jetons permettent de gérer d’autres actifs numériques (potentiellement à peu près tout, jusqu’aux droits de propriété intellectuelle) en se servant d’une blockchain. L’an dernier, Axa avait grâce à ce système créé une assurance indemnisant les retards des compagnies aériennes.


>>> À LIRE – Open Mic Africa Summit : la fintech africaine avait rendez-vous à Nairobi


L’Afrique est loin d’être indifférente à ces promesses de révolution. Sur un continent où 90 % des biens immobiliers ne sont pas enregistrés, le Ghana expérimente la création d’un registre utilisant cette technologie. À la clé, la facilitation des transactions, la possibilité d’émettre des hypothèques et l’amélioration de la collecte des impôts fonciers.

Reste aux banques centrales à favoriser l’innovation en adoptant rapidement une réglementation. Europlace, actif sur ce sujet, a organisé en mai à Tunis l’Africa Blockchain Summit, en partenariat avec la Banque centrale de Tunisie. La discussion est ouverte.

Fermer

Je me connecte