Finance

Égypte : une fatwa contre le Bitcoin

À gauche, le grand mufti égyptien Chawki Allam, en compagnie du directeur du Centre d'étude de l'Islam et du Moyen Orient, Ahmad Iravani, et de l'archevêque de Canterbury, Justin Welby, lors du Forum de Davos, en 2016. © Jean-Christophe Bott/AP/SIPA

Encore une épine dans le pied des monnaies virtuelles : le grand mufti d’Égypte, Chawki Allam, a pris officiellement position contre le Bitcoin, qu'il assimile à un jeu de hasard, interdit en Islam, et qu'il soupçonne de permettre le financement du terrorisme.

Après les inquiétudes des États contres les monnaies virtuelles, voici celles des religieux.  Le 1er janvier, le grand mufti d’Égypte, Chawki Allam, a affirmé son opposition au Bitcoin, arguant qu’elle ne constitue pas « une base crédible de négociation », qu’elle « peut induire les utilisateurs en erreur » et qu’elle « encourage la triche ».

Le dignitaire religieux compare également la cryptomonnaie à un jeu de hasard, interdit en Islam, et la soupçonne de pouvoir financer le terrorisme.

Des mesures difficiles à faire appliquer

Une décision qui rejoint celle du ministère turc des Affaires religieuses, qui avait conclu, le 24 novembre, que l’achat et la vente de monnaies virtuelles n’étaient « pas compatibles avec la religion en raison du fait que leur évaluation est ouverte à la spéculation », selon le site musulman d’actualité Saphirnews.

Alors que les monnaies virtuelles ont enregistré en 2017 une belle progression, les crispations se multiplient. Ainsi, en février, le Nigeria a interdit aux banques de dépôt d’exploiter les monnaies virtuelles, le Maroc et l’Algérie lui emboîtant le pas quelques semaines plus tard.

Des mesures qui restent difficiles à faire appliquer, le Bitcoin n’ayant par nature aucune territorialité. La Chine en est un exemple emblématique : mi-septembre, Pékin a tenté de bannir les plateformes d’échange de ces monnaies. Mais passé les premières heures de panique, le cours de la monnaie virtuelle s’est ressaisi, les échanges se déportant vers des plateformes installées au Japon et en Corée. Reste à savoir si les autorités religieuses auront plus de poids que les gouvernants.

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