Télécoms

Sénégal : les prix de la téléphonie mobile ont significativement baissé depuis l’arrivée de Free

Véhicules publicitaires de Free au Sénégal

Véhicules publicitaires de Free au Sénégal © Free Sénégal

L’arrivée de l’opérateur Free au Sénégal en octobre a poussé ses concurrents, Orange et Expresso, à proposer des offres concurrentielles. En conséquence, la baisse des tarifs de la téléphonie mobile, l’un des principaux objectifs de l’Autorité de régulation des télécommunications et des postes, a bel et bien eu lieu.

« Bye bye Orange, bonjour Free » ; « Orange et moi c’est fini » : sur les réseaux sociaux ces derniers mois, nombreux sont les utilisateurs sénégalais à revendiquer l’abandon de l’opérateur historique Orange, pour tester les nouvelles offres de Free.

Lancé en octobre au pays de la Teranga avec pour objectif de casser les prix, l’opérateur contrôlé par le holding Saga Africa semble avoir tenu sa promesse puisque ses concurrents, Orange, leader du marché, et le numéro trois, Expresso, lui ont très vite emboîté le pas les semaines qui ont suivi. Résultat : le coût de la téléphonie mobile a bel et bien diminué depuis trois mois.

Baisse de 80 % à 90 % des tarifs de l’internet mobile

« En analysant les offres similaires avant la date de lancement des nouvelles offres de Free et aujourd’hui, nous constatons effectivement une baisse des tarifs de l’ordre de 35 % et 50 % pour les services voix/SMS et entre 80 % et 90 % pour le mégaoctet d’internet », indique Abdoul Ly, directeur général de l’Autorité de régulation des télécommunications et des postes (ARTP), contacté par Jeune Afrique.

Plus qu’un gain de pouvoir d’achat pour les consommateurs, l’arrivée de Free a aussi représenté une petite révolution dans les offres commerciales : « C’est la première fois que des packages comprenant la voix, la messagerie et internet sont proposés au Sénégal », observe Mountaga Cissé, expert et formateur dans le digital.

Face à l’offre de Free, qui comprend trois heures d’appel, 2 gigaoctets (Go) de données, et WhatsApp illimité pendant un mois pour 1 500 francs CFA (2,30 euros), Orange a répliqué avec quatre heures d’appel, 200 SMS et 2 Go d’internet pour 1 900 francs CFA. Une offre plus chère, que l’opérateur historique certain de la supériorité de son réseau, assume. Quant à Expresso, il a lui aussi riposté avec une offre internet et WhatsApp illimité pendant 24 heures pour 250 francs CFA.

Au fil des semaines, des critiques ont néanmoins commencé à émerger quant à la fiabilité du réseau 4G+ de Free dans les quatorze capitales régionales.

Mountaga Cissé préfère relativiser : « Il faut reconnaître qu’à Dakar, le réseau tient la route. Et Free vient d’annoncer l’installation de 500 antennes 4G+ en 2020 ».

Un opérateur dissipé

L’opérateur donne également du fil à retordre au régulateur sur plusieurs sujets. Début novembre, l’ARTP a mis en demeure l’entreprise dirigée par Mamadou Mbengue concernant l’un de ses arguments commerciaux les plus mis en avant, à savoir l’utilisation de WhatsApp en illimité. Selon le régulateur, l’offre qui donne la possibilité d’utiliser le service de messagerie pendant un mois sans consommer de données mobiles constitue une atteinte au principe de neutralité d’internet, qui garantit l’égalité de traitement et d’acheminement de tous les flux d’information sur internet, quel que soit leur émetteur ou leur destinataire.

WhatsApp va continuer d’être proposé mais son usage sera conditionné à un minimum de ressource data »

« WhatsApp va continuer d’être proposé mais son usage sera conditionné à un minimum de ressource data », confie à Jeune Afrique le directeur général de Free, qui fera l’annonce dans les prochains jours. Selon lui, ce changement n’aura aucun effet pour ses clients : « La consommation moyenne de WhatsApp est d’environ 1 Go par mois », rappelle-t-il.

En septembre, puis fin octobre, Free a été épinglé par le régulateur concernant plusieurs offres promotionnelles diffusées sur les réseaux sociaux. Mamadou Mbengue avait alors rencontré les responsables de l’ARTP afin d’expliquer sa démarche. Il semble que ses arguments ont convaincu puisqu’aucune suite n’a été donnée au dossier.

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