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Cet article est issu du dossier «Mauritanie : un changement dans la continuité ?»

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Politique

Mauritanie – Boydiel Ould Houmeid : « Nous sommes en droit d’être représentés au gouvernement »

Réservé aux abonnés | | Par - envoyé spécial à Nouakchott
Mis à jour le 21 octobre 2019 à 10h32
Boydiel Ould Houmeid

Boydiel Ould Houmeid © Daouada Corera pour JA

Le député-maire UPR de Ndiago (région de Trarza) et ancien vice-président de l’Assemblée nationale répond aux questions de Jeune Afrique.

Pour le député-maire UPR de Ndiago (région de Trarza), qui a été évincé de la vice-présidence de l’Assemblée nationale le 18 octobre, le président mauritanien Mohamed Ould Ghazouani « n’a que deux choix politiques possibles » : « travailler avec la majorité actuelle » ou « dissoudre l’Assemblée nationale pour obtenir sa propre majorité ».

Jeune Afrique : Êtes-vous mécontent qu’aucun ministre n’ait été choisi parmi les élus locaux de votre fief ?

Boydiel Ould Houmeid : Méconcontent, c’est beaucoup dire, mais il est vrai que Mohamed Ould Ghazouani a récolté 59 % des voix à la présidentielle dans notre département de Keur-Massène [dans la région de Trarza, sud-ouest], soit nettement plus que les 52 % qu’il a obtenu au niveau national. Nous avons massivement voté pour lui, alors que plusieurs candidats, comme Biram Dah Abeid ou Kane Hamidou Baba, étaient originaires de notre région. La femme de Sidi Mohamed Ould Boubacar est d’une famille influente du Trarza. Il n’était pas facile pour moi de soutenir le candidat de la majorité dans ces conditions, mais je fais partie de la direction de l’UPR, le parti majoritaire.

J’ai soutenu, je soutiens et je soutiendrai le président nouvellement élu

J’ai refusé de signer l’appel de certains députés en faveur d’un troisième mandat de Mohamed Ould Abdelaziz. J’ai soutenu, je soutiens et je soutiendrai le président nouvellement élu. Certes, le gouvernement n’est pas un gâteau que l’on se partage, mais nous sommes en droit d’être représentés. Ce serait une manière de récompenser nos militants, qui se sont fortement mobilisés en faveur du candidat de la majorité. En outre, depuis 1990, tous les gouvernements ont compté en leur sein un élu de notre région.

Êtes-vous satisfait des premiers pas du nouvel exécutif ?

C’est acceptable, mais je me demande si ce gouvernement, à l’évidence très technique, compte assez de responsables politiques pour faire aboutir la volonté du président. Car la technique ne suffit pas, il faut qu’elle soit orientée par une vision politique.

Je prends l’exemple de la poudre, l’explosif, inventée par les Chinois : ceux-ci s’en sont d’abord servi pour faire des feux d’artifice et des pétards, un divertissement pour les fêtes ; les Européens, plus politiques, l’ont utilisée comme poudre à canon, une arme de guerre et de conquête. Preuve que la technique n’est rien en soi et qu’elle nécessite une forte orientation politique.

Comment analysez-vous les orientations définies par le chef de l’État et détaillées par le Premier ministre dans son discours programme ?

Le président n’a que deux choix politiques possibles. Soit il travaille avec la majorité actuelle, soit il dissout l’Assemblée nationale pour obtenir sa propre majorité. Il vient de discuter à plusieurs reprises avec la majorité et celle-ci a voté le programme de gouvernement présenté par le Premier ministre. Il faut continuer dans cette voie. Ce gouvernement peut réussir. On peut corriger certains points.

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