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Cet article est issu du dossier «Mauritanie : un changement dans la continuité ?»

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Vie des partis

Mauritanie : grogne à l’UPR, le parti présidentiel

Le président mauritanien Mohamed Ould Ghazouani (image d'illustration).

Le président mauritanien Mohamed Ould Ghazouani (image d'illustration). © YouTube/BellewarMedia - بلوارميديا

Dans les rangs de l’Union pour la République (UPR), le parti du président Mohamed Ould Ghazouani, certains critiquent la faible présence de proches de Mohamed Ould Abdelaziz dans l’équipe gouvernementale, allant même jusqu’à soupçonner le nouveau chef de l’État de vouloir lancer son propre mouvement.

C’est peu dire que l’Union pour la République (UPR, majorité) n’a pas le moral. Le gouvernement de technocrates nommé le 8 août a fait la part belle à des personnalités marginalisées par l’ex-président Ould Abdelaziz, comme le Premier ministre, Ismaïl Ould Bedda Ould Cheikh Sidiya, ou le ministre de l’Intérieur, Mohamed Salem Ould Merzoug, ainsi qu’aux Haratines, qui obtiennent six portefeuilles.

Les caciques de l’UPR, qui n’en font pas partie, ont protesté en sourdine contre la faible présence de personnalités réputées pro-Aziz, tel Ould Abdel Vetah (ministre du Pétrole, des Mines et de l’Énergie), Cheikh Ahmed (Affaires étrangères) et Mohamed Salem Ould Bechir, le secrétaire général de la présidence. C’est peu, selon eux, et d’autant plus inquiétant que le nouveau président a reçu sans discontinuer les responsables de l’opposition, que son prédécesseur ignorait superbement.

En attendant Aziz

De là à penser que Mohamed Ould Ghazouani mijotait la création d’un parti bien à lui avec le renfort d’opposants, il n’y avait qu’un pas. Vite franchi par les fidèles d’Ould Abdelaziz. Les anciens Premiers ministres Hademine et Laghdaf n’étaient pas les derniers à dire leur mauvaise humeur. On murmurait même dans les couloirs de l’Assemblée nationale qu’une motion de défiance pourrait être infligée au nouveau gouvernement… par la majorité !

Et puis le président Ould Ghazouani a déjeuné avec les élus de l’UPR, auxquels il a garanti qu’il n’avait pas d’autre socle politique qu’eux. Il a nommé Moctar Ould Djay, l’ex-ministre des Finances et homme lige d’« Aziz », à la tête de la Snim. Tout le monde est alors rentré dans le rang, et, au début de septembre, les députés ont adopté sans encombre le discours-programme du Premier ministre (128 voix pour, 19 contre, 2 abstentions).

Reste que l’UPR est déboussolée. La préparation de son congrès, très attendu compte tenu des querelles internes et du vieillissement de ses cadres, n’avance pas. Peut-être une fraction de ses membres joue-t-elle la montre en espérant que le retour au pays d’Ould Abdelaziz (parti en voyage à l’étranger après son mandat) leur permettra de se doter d’un leader et d’une stratégie ? Sauf que l’ancien chef de l’État, bien qu’il veuille jouer un rôle politique, a répété qu’il ne serait pas président de l’UPR. Comprenne qui pourra.

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