Politique

Soudan du Sud : Salva Kiir nomme Taban Deng Gai vice-président à la place de Riek Machar

Taban Deng Gai, dans l'État du Nil supérieur au Soudan du Sud le 15 avril 2014. © AFP/ZACHARIAS ABUBEKER

La nomination de Taban Deng, actuel ministre des Mines dans le gouvernement d'union nationale, ne fait que confirmer les dissensions qui agitent l'ex-rébellion sud-soudanaise.

« En tenant compte des recommandations des hauts dirigeants du SPLM/SPLA-IO (ex-rébellion, ndlr), pour la nomination du successeur du Premier vice-président de la République du Soudan du Sud, en vertu des pouvoirs qui me sont conférés (…), je publie ce décret républicain ordonnant la nomination de Taban Deng », a annoncé lundi 25 juillet le président Salva Kiir, selon un décret lu à la radio nationale.

La nomination de Taban Deng, actuel ministre des Mines dans le gouvernement d’union nationale, ne fait que confirmer les dissensions qui agitent l’ex-rébellion, et dont a su jouer le président Kiir, qui a réussi à mettre sur la touche, au moins provisoirement, son principal rival.

Riek Machar, qui a fui Juba dans la foulée des combats meurtriers qui ont opposé ses forces à celles de Salva Kiir dans la capitale, du 8 au 11 juillet, s’était employé à l’avance à rejeter la validité d’une nomination de Taban Deng au poste de vice-président. Vendredi, il avait en effet démis ce dernier de ses fonctions ministérielles.

Dimanche, l’ex-rébellion avait publié un communiqué reprochant à Taban Deng de se lancer dans une aventure personnelle et illégitime. « Le bureau politique du SPLM/A IO condamne dans les termes les plus virulents la tentative de déstabiliser le SPLM/A IO et de détruire l’accord de paix (…) menée par le général Taban Deng Gai », a indiqué le texte.

« Vengeance personnelle »

Il est reproché à Taban Deng d’agir par « vengeance personnelle » contre Riek Machar, et estimé que les responsables du SPLM/A IO lui ayant apporté leur soutien y avaient été « contraints » par le camp présidentiel.

Taban Deng, qui avait été le principal négociateur des ex-rebelles pour l’accord de paix d’août 2015, avait récemment estimé que l’ex-rébellion ne se résumait pas à la seule personne de Riek Machar. Ancien puissant commandant rebelle lors de la lutte d’indépendance contre Khartoum, et ex-gouverneur de l’État pétrolier d’Unité (nord), ce membre de l’ethnie nuer, comme Riek Machar, s’était aussi aligné sur le refus du président Kiir d’accepter un renfort de Casques bleus.

Machar, dont les proches affirment qu’il se trouve toujours dans « les environs » de Juba, estime que sa sécurité n’est pas garantie dans la capitale et a conditionné son retour au déploiement d’une force d’intervention envisagée par les pays de la région.

 

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