Justice

Rwanda : fin de l’interminable ultime audience du TPIR

La photo officielle des juges du TPIR, le 22 février 2000 à Arusha. © Alexander Joe/AFP

Créé en 1994, le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR) a clôturé mercredi à Arusha l'audience de son ultime procès en appel. Le verdict est attendu au mois d'août.

C’est l’épilogue du plus long et sans doute du plus coûteux procès de l’histoire de la justice pénale internationale. Mercredi 22 avril à Arusha, en Tanzanie, le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR) a clos l’audience en appel de son ultime affaire, ouverte en juin 2001.

Parmi les six derniers accusés à comparaître, l’ex-ministre rwandaise de la Famille, Pauline Nyiramasuhuko, 69 ans, seule femme jugée par le TPIR, a demandé en sanglots aux juges d’appel de l’acquitter. Elle a affirmé qu’elle n’avait pu commettre les crimes abominables pour lesquels elle a été condamnée en première instance à la perpétuité.

>> Lire aussi : Pauline Nyiramasuhuko, première femme condamnée pour génocide par la justice internationale

"Une mère impliquée dans l’innommable"

Pauline Nyiramasuhuko, incarcérée depuis juillet 1997, a également argué avoir été "condamnée car il fallait à tout prix prouver qu’une femme, qu’une mère avait été impliquée dans l’innommable".

S’inclinant devant les victimes de la tragédie rwandaise, elle a reproché au tribunal de n’avoir poursuivi que des responsables de l’ancien régime hutu, au pouvoir en 1994 et accusé d’avoir préparé le génocide de la minorité tutsi, déclenché dès le lendemain de la mort du président Juvénal Habyarimana dont l’avion a été abattu le 6 avril 1994 à Kigali.

"Une partie des Rwandais est diabolisée tandis qu’une autre partie est victimisée, a-t-elle expliqué en faisant implicitement référence respectivement à la majorité hutu et à la minorité tutsi. "Je ne crois pas que cela puisse résoudre les problèmes de mon pays", a ajouté Pauline Nyiramasuhuko.

Les cinq co-accusés de Nyiramasuhuko demandent leur acquittement

À ses côtés, ses cinq co-accusés ont été également présents à cette dernière audience : son fils Arsène Shalom Ntabobali, né en 1970, le plus jeune détenu du TPIR, qui a lui aussi écopé de la perpétuité, tout comme l’ex-maire de Muganza (sud), Elie Ndayambaje. Mais aussi l’ancien maire de Ngoma (sud), Joseph Kanyabashi, qui a été condamné à 35 ans de prison et les anciens préfets de Butare (sud), Sylvain Nsabimana et Alphonse Nteziryayo, respectivement condamnés à 25 et 30 ans d’emprisonnement au premier degré.

Au bord des larmes, Arsène Shalom Ntahobali, a lui aussi demandé à la Cour de l’acquitter. "Je ne suis pas ce tueur-violeur qu’on vous a décrit. Je ne suis pas cette horrible personne que les témoins de l’accusation ont décrite ici", a-t-il déclaré.

Les quatre autres accusés ont aussi demandé leur acquittement. Mais tout au long de ce procès en appel ouvert le 14 avril, le parquet n’a cessé de réclamer le maintien des peines à perpétuité et des peines plus lourdes pour les autres, sans en préciser le quantum.

L’arrêt des juges, dont la date n’a pas été officiellement annoncée, est attendu en août. Il marquera la fin des travaux du TPIR.

>> Lire aussi : Quel bilan pour le TPIR, vingt ans après sa création ?

(Avec AFP)

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