En Libye, création d’un fonds pour la reconstruction de Derna

Ce fonds a été annoncé par le gouvernement de l’Est, non reconnu par la communauté internationale. Les pays donneront-ils à une instance non institutionnelle ?

Les ruines de l’ancienne cité gréco-romaine de Cyrène (Shahhat) dans l’est de la Libye, à environ 60 kilomètres à l’ouest de Derna, le 21 septembre 2023, à la suite d’une inondation dévastatrice. © Ozan KOSE / AFP

Publié le 28 septembre 2023 Lecture : 2 minutes.

Les autorités de l’Est de la Libye ont annoncé la création d’un fonds pour la reconstruction de Derna, ville dévastée par des inondations meurtrières où une conférence doit avoir lieu le 10 octobre pour préparer les premiers « projets ».

Dans un communiqué, le gouvernement de l’Est a dit avoir donné son « approbation à la création d’un fonds pour la reconstruction de la ville de Derna et des zones touchées » par les inondations du 10 septembre.

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Pourtant non reconnu internationalement, l’exécutif a « confirmé » aussi la tenue le 10 octobre à Derna d’une « conférence internationale » de reconstruction, annoncée dès le 22 septembre. Cette « conférence » sera « ouverte aux entreprises internationales », a précisé le gouvernement de l’Est, qui avait appelé dans un premier temps l’ensemble de la « communauté internationale » à y participer.

Divisions

Le gouvernement rival reconnu par l’ONU et basé dans la capitale Tripoli (Ouest) a ignoré jusqu’à présent ces annonces et n’a pas dit s’il y enverrait ou non des représentants.

Pour sa part, l’exécutif de Benghazi n’a pas précisé comment le nouveau fonds serait financé mais le Parlement, basé également dans l’Est, a déjà alloué 10 milliards de dinars (1,9 milliard d’euros) aux projets de reconstruction.

Rongée par les divisions depuis la chute de Mouammar Kadhafi en 2011, la Libye est gouvernée par deux administrations rivales : l’une dans l’Ouest dirigée par Abdelhamid Dbeibah, l’autre dans l’Est, incarnée par le Parlement et affiliée au camp du maréchal Khalifa Haftar.

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Profiter du drame

« Institutionnellement », les autorités de l’Est « n’existent pas puisqu’elles ne sont pas reconnues internationalement », donc « il est peu probable que des pays donnent de l’argent à l’Est », explique Jalel Harchaoui, spécialiste de la Libye auprès de l’institut britannique Royal United Services (RUSI).

« Selon toute vraisemblance, les fonds (internationaux, ndlr) devraient passer par Tripoli », a-t-il dit, soulignant que le gouvernement Dbeibah cherchait à profiter du drame pour débloquer les avoirs et investissements étrangers de la Libye. Se chiffrant en dizaines de milliards de dollars et gérés par le fonds souverain Libyan Investment Authority (LIA), ceux-ci avaient été placés sous séquestre en 2011 par l’ONU pour éviter des détournements.

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(Avec AFP)

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