Économie

Notation : face à Moody’s, Fitch Ratings et S&P, l’agence panafricaine voulue par Macky Sall peut-elle changer la donne ?

Réclamée par le chef de l’État sénégalais et président en exercice de l’Union africaine, l’Acra, l’entité qui devrait voir le jour dans les prochains mois, fournirait une alternative à l’évaluation du risque pays sur le continent. Son impact sur le marché international demeure néanmoins incertain.

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Mis à jour le 8 novembre 2022 à 09:19

En 2020, plus de la moitié des 32 pays du continent notés par l’un des trois géants ont connu une dégradation de leur notation. © Jose Cendon/Bloomberg via Getty

Le Ghana dans le collimateur des « Big Three » de la notation mondiale ? Tour à tour, et en l’espace de quelques semaines, Moody’s, Fitch Ratings et Standard & Poor’s (S&P) se sont évertués à dégrader la note souveraine du deuxième producteur mondial de cacao, en proie à une crise économique et financière d’ampleur.

Début octobre, c’est en effet Moody’s qui a ramené sa note de « Caa1 » à « Caa2 », tout en classant le pays dans la catégorie « ultra speculative ». Deux mois plus tôt, S&P dégradait sa note pour la troisième fois depuis le début de l’année, tandis que sa consœur Fitch Ratings en était à sa quatrième évaluation négative. Les trois géants pointent la dégradation continue de la situation macroéconomique du pays, notamment sa dette, qui se creuse davantage et pourrait atteindre 104 % du PIB d’ici à la fin de l’année, et une inflation galopante qui entraîne la chute du cédi. Moody’s n’exclut pas un défaut de paiement, en dépit des négociations en cours avec le FMI.

Plus de 50 % des pays africains dépréciés

Le cas ghanéen n’est pas isolé sur le continent. Ainsi, en février, Moody’s a revu la note de Maurice à la baisse, la faisant passer de « Baa2 » à « Baa3 », au motif, entre autres, que ce État de l’océan Indien « est désormais un pays avec des institutions dont la qualité et l’efficacité ont baissé, ce qui réduit sa capacité à faire face aux chocs économiques à venir ».

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