Télécoms
Sur un site d’IHS, au Nigeria.

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Les télécoms à l’heure de l’optimisation

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Économie

OpenRAN : MTN veut prendre une longueur d’avance sur la 5G

Mis à jour le 23 novembre 2021 à 16:48

Panneau publicitaire de MTN à Abuja, au Nigeria, le 24 février 2020. © ©Afolabi Sotunde/REUTERS

Parmi les premiers au monde à avoir opté pour l’OpenRAN, l’opérateur sud-africain tente un pari censé lui permettre de réaliser d’importantes économies et de rendre ses infrastructures plus évolutives.

L’inclusion numérique passe par une volonté politique et par des choix technologiques. MTN l’a bien compris. Le 16 juin 2021, le premier opérateur mobile du continent a annoncé qu’il commencerait le déploiement de son « réseau ouvert d’accès radio » – OpenRAN, en anglais – dans toutes ses filiales africaines d’ici à la fin de 2021.

Cette technologie est un ensemble de spécifications techniques décidées par un organisme de coopération (l’O-RAN Alliance), qui rend interopérables les dispositifs matériels et les logiciels de technologie mobile commercialisés par les différents opérateurs de télécoms – tels Nokia, Ericsson, Samsung ou Huawei – pour une meilleure couverture 4G et 5G.

L’OpenRAN favorise l’innovation grâce à son architecture plus flexible

Grâce à l’OpenRAN, au lieu de se fournir entièrement chez un seul équipementier, un opérateur peut acheter chaque élément d’un réseau d’accès radio (RAN) chez un fabricant différent et « ainsi faire jouer la concurrence et baisser les prix », estime Anil Bhandari, vice-président chargé de la gestion de produits chez Altiostar, spécialiste américain d’équipements et logiciels OpenRAN appartenant à l’opérateur japonais Rakuten. Son entreprise est partenaire de MTN pour le déploiement de la nouvelle architecture réseau en Afrique, avec les autres américains Mavenir et Parallel Wireless et les indiens Voyage et Tech Mahindra.

Réseaux virtualisés

« L’OpenRAN favorise l’innovation grâce à son architecture plus flexible, couvre mieux les régions les plus reculées en rendant les équipements moins coûteux, et, grâce à sa modularité, s’assure que les réseaux répondent à la croissance de la demande en ajoutant brique par brique les éléments télécoms dont on a besoin », indique Vishal Mathur, responsable du déploiement au sein du Telecom Infra Project (TIP), second organisme mondial de référence sur les technologies OpenRAN. Celui-ci rassemble les acteurs des télécoms pour favoriser le développement de ces architectures ouvertes.

L’OpenRAN s’appuie aussi sur des réseaux virtualisés, ou vRAN, qui permettent de transférer certaines fonctions aujourd’hui prises en charge par les équipements matériels vers des logiciels, hébergés dans un cloud.

Les plus gros opérateurs européens poussent l’UE à soutenir l’initiative

Grâce à cette virtualisation, les opérateurs pourraient réduire de manière conséquente le temps entre le développement d’une nouvelle offre et sa commercialisation. La virtualisation permet une automatisation inédite des fonctions réseau, ce qui améliore les performances (latences plus faibles, débits plus élevés…) et favorise une réduction des coûts de maintenance pour les opérateurs et de consommation d’énergie.

Son défi est son adoption

Le principal défi de l’OpenRAN, c’est son adoption. À ce jour, seul Rakuten a déployé un réseau OpenRAN à large échelle, au Japon. Depuis quelques mois, cette nouvelle architecture ouverte gagne des partisans, comme Samsung. Les plus gros opérateurs européens (Orange, Deutsche Telekom, Vodafone et Telefónica) ont tous des projets d’OpenRAN – et poussent l’Union européenne à soutenir l’initiative.

« Nous avons plus de 50 expérimentations de l’OpenRAN et 13 laboratoires dans le monde », précise Vishal Mathur, avant de conclure, confiant : « Notre industrie a besoin de transformer sa vision dictée par les fabricants à une vision portée par les opérateurs, et cela passera par le déploiement de l’OpenRAN. »