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Tunisie – Médecine : À l’IMS, pas de pitié pour les mannequins

Un mannequin coûte la bagatelle de 100 000 dinars. © DR

La simulation médicale est un concept innovant, peu développé dans les pays francophones, mais très en vogue dans le monde anglo-saxon. C’est à la fois une méthode d’apprentissage et une technique de formation continue.

Elle consiste à faire interagir des personnels soignants avec des mannequins high-tech bardés de capteurs, placés sous monitoring et réagissant aux stimuli.

L’Institut des métiers de santé (IMS), fondé par Ghazi Darghouth, l’a importée en Tunisie en 2014. Ses mannequins peuvent simuler des arrêts cardiaques, des détresses respiratoires, un choc septique ou servir de cobayes pour la pose de cathéters. « Nos formations s’adressent aussi bien aux personnels paramédicaux – infirmiers, aides-soignants – qu’aux médecins. L’idée consiste à placer les apprenants en situation de stress, en reproduisant des cas critiques qu’ils pourraient rencontrer dans leur pratique, pour juger leurs réactions et les aider à acquérir les bons réflexes. Nous transposons à la médecine des techniques qui ont fait leurs preuves dans l’aviation civile. Car les soignants, comme les pilotes de ligne, n’ont pas droit à l’erreur. »

Plus de 445 000 dollars de chiffre d’affaires

En 2015, 2 000 professionnels ont bénéficié de ces formations, et, moins de deux ans après sa création, l’IMS réalise déjà plus de 1 million de dinars (plus de 445 000 dollars) de chiffre d’affaires, emploie six salariés et fait appel à quelque 40 formateurs, dont plusieurs médecins de l’hôpital militaire. L’institut dispose de quatre mannequins connectés, qui coûtent la bagatelle de 100 000 dinars l’unité.

Neuf des principales cliniques du pays ont investi dans le projet de Ghazi Darghouth. Venu de l’industrie textile, cet entrepreneur a abandonné la confection à la fin des années 2000, car il voyait les avantages comparatifs de ses produits s’effriter inexorablement. C’est au cours d’un MBA effectué à Londres, en 2009, que lui est venue l’idée de se lancer dans la simulation médicale. Le marché tunisien était alors vierge.

Premier congrès africain de simulation médicale en 2017

Aujourd’hui, Darghouth ne veut pas s’arrêter en si bon chemin. Il nourrit des ambitions à l’international : « Je veux exporter le savoir-faire tunisien. Le continent recèle des opportunités qu’il faut saisir dès maintenant, avant que d’autres acteurs n’investissent ce créneau. » Il compte organiser à Tunis, dans le courant de 2017, le tout premier congrès africain de simulation médicale.

Déjà 150 000 inscrits


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