Politique

Cameroun : vers une prorogation du mandat des députés

Paul Biya lors du sommet UA-UE, le 29 novembre 2017 à Abidjan. © Geert Vanden Wijngaert/AP/SIPA

Alors que le Cameroun doit organiser les élections législatives, présidentielle ainsi que celle des conseillers municipaux d'ici la fin de l'année, le gouvernement a déposé mardi 26 juin un projet visant à rallonger le mandat des députés jusqu'à 29 octobre 2019.

Douze mois, quatre élections, la mission s’annonçait rude dès le départ. Après avoir organisé les élections sénatoriales en mars dernier et dans l’attente d’une date officielle pour la présidentielle, qui doit avoir lieu à la fin de l’année, le gouvernement camerounais s’est lancé dans une opération visant à désengorger le calendrier électoral. Mardi 26 juin, un projet de prorogation du mandat des députés a été déposé par le gouvernement.

Selon les motifs évoqués dans le projet déposé au Parlement, le gouvernement souhaite « d’une part, éviter l’enchevêtrement des opérations électorales qui, sur le plan technique et opérationnel, serait de nature à porter atteinte à la sincérité des scrutins et, d’autre part, à permettre une organisation matérielle plus sereine des différents scrutins ».

Les mandats des députés et des conseillers municipaux devaient initialement prendre fin entre le 15 octobre et le 3 novembre 2018. Si le projet est voté lors de la plénière en cours – ce qui ne devrait pas poser de problème dans la mesure où le Rassemblement démocratique du peuple camerounais (RDPC) et l’opposition semblent disposés à approuver le report -, le mandat des députés, élus pour cinq ans, sera prolongé de 12 mois, soit jusqu’à 29 octobre 2019.

Tensions en zone anglophone

Au-delà d’un calendrier électoral serré, le climat politique actuel au Cameroun est l’un des facteurs qui pousse vers un glissement du calendrier électoral. « Financièrement parlant, dans le contexte actuel en zone anglophone, c’est difficile de faire tenir quatre scrutins sur une année », reconnaît Christophe Mien Zock, le directeur des organes de presse du RDPC.

Pour répondre à la crise en zone anglophone, où séparatistes armés et forces de défense et de sécurité s’affrontent depuis fin 2017, le gouvernement a annoncé le 20 juin un plan d’urgence humanitaire de 12,7 milliards de francs CFA (près de 20 millions d’euros), qui sera financé par « le budget de l’État, l’appel à la solidarité nationale et la contribution des partenaires internationaux ».

« Des élections locales créent nécessairement de la compétition et des tensions au sein des partis, pas seulement au RDPC. Certes, nous partirons à la présidentielle plus sereinement, mais ce n’est pas dans l’intérêt du RDPC que ce projet a été proposé, plutôt dans celui du Cameroun », ajoute Christophe Mien Zock.

« On fait comme si on découvrait que le calendrier électoral est chargé mais ce n’est pas nouveau, nous n’apprenons pas aujourd’hui qu’il y a quatre scrutins sur une même année. Nous avions déjà soulevé le problème il y a deux ans », regrette Maurice Kamto, ancien ministre de Paul Biya passé dans l’opposition et candidat de son parti, le Mouvement pour la renaissance du Cameroun (MRC), pour la prochaine présidentielle.

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