De retour de Libye, des migrants camerounais racontent « l’enfer »

Par Jeune Afrique avec AFP

Des migrants camerounais arrivent à l'aéroport de Yaoundé, le 22 novembre 2017, après avoir passé plusieurs mois en Libye. © Reinnier KAZE/AFP

Deux-cent cinquante migrants camerounais victimes de trafics humains en Libye sont rentrés au Cameroun dans la nuit de mardi à mercredi dans le cadre d'un projet humanitaire. À leur arrivée, certains ont raconté « l'enfer libyen ».

Des femmes, dont neuf enceintes, et des hommes, jeunes pour la plupart, sont arrivés à l’aéroport de Yaoundé à bord d’un avion spécial affrété par l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) dans la nuit de mardi à mercredi 22 novembre. Revenus de leur rêve d’arriver en Europe, plusieurs d’entre eux ont raconté à l’AFP leurs conditions de détention.

« C’était l’enfer total en Libye. Je ne conseillerais même pas à mon pire ennemi de s’y rendre », a témoigné l’un de ces migrants, Maxime Ndong, racontant son »cauchemar » libyen.

« Les Libyens n’ont aucune considération pour les Noirs. Ils nous traitent comme des animaux. Ils violent les femmes. Nous étions entassés dans des entrepôts. Nous étions bastonnés. Nous ne mangions pas bien. Il n’y avait pas d’eau et nous nous lavions à peine », a-t-il énuméré.

« Il y a le commerce des Noirs »

« Il y a le commerce des Noirs là-bas. (Il y a) les gens qui veulent des esclaves comme ça se passait à l’époque de la traite négrière. Ils viennent en acheter », a-t-il raconté. « Si vous résistez, ils tirent sur vous. Il y a eu des morts », a encore ajouté l’homme, marqué par les traumatismes.

Maxime Ndong dit avoir passé huit mois en Libye avec son épouse, dont il n’a plus de nouvelles « depuis trois mois ». « Je ne sais pas si elle est en vie ou morte », a-t-il expliqué. Sa femme était enceinte lorsqu’ils se sont quittés.

1 700 Camerounais en « situation de détresse » en Libye

Le retour de ces Camerounais s’inscrit dans le cadre d’un projet visant favoriser le retour de 850 migrants camerounais, selon Roger Charles Evina, chargé de projet à l’OIM. « L’OIM va monter avec eux des plans d’affaires pour leur permettre de se réintégrer », a-t-il assuré. D’après lui, au moins 1 700 Camerounais sont en « situation de détresse » en Libye.

Cette opération de rapatriement survient quelques jours après la diffusion d’un récent reportage de CNN montrant des migrants vendus aux enchères en Libye. Le documentaire avait été largement partagé sur les réseaux sociaux, provoquant une forte émotion suivies de réactions indignées en Afrique et à l’ONU.

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