Politique

Gabon : la gestion des déchets à Libreville au cœur d’une enquête sur des soupçons de détournements de fonds publics

Réservé aux abonnés | | Par Jeune Afrique
Mis à jour le 17 juin 2019 à 12h53
Léandre Nzué, maire de Libreville, le 21 mai.

Léandre Nzué, maire de Libreville, le 21 mai. © François Zima pour JA

La mairie de Libreville devrait notifier prochainement à Clean Africa, une société spécialisée dans le ramassage des ordures ménagères, le non-renouvellement de son contrat. L’État gabonais compte également commander un audit de la dette d’Averda, l’entreprise libanaise sous-traitante.

Entre l’État gabonais et Clean Africa, la rupture est consommée. Au courant de juin, la mairie de Libreville devrait notifier à cette société gabonaise, que dirige Laurent Traoré Mantion, le non-renouvellement de son contrat d’un montant mensuel de 950 millions de F CFA (près de 1,5 million d’euros), portant notamment sur le ramassage des ordures ménagères. Clean Africa devrait faire ses valises avec Averda, l’entreprise libanaise sous-traitante.

Ce dossier fait partie des vingt-deux affaires sur lesquelles la présidence souhaite faire la lumière. Selon nos sources, l’État compte se pencher sur la question des impayés d’Averda et commander un audit de sa dette, estimée à 16,4 milliards de F CFA.


>>> À LIRE – Gestion des déchets : les ambitions du libanais Averda contrariées par des impayés au Gabon


Interrogations autour du capital de Clean Africa

De son côté, Clean Africa réclame à l’État 25 milliards de F CFA au titre de l’entretien de la décharge de Mindoubé, près de Libreville. Mais, selon la commune, qui refuse de payer cette somme, l’entreprise se servait des infrastructures communales, occupait gracieusement des bureaux et utilisait le pont-bascule sans payer.

Plusieurs membres de l’ancien entourage présidentiel devront également s’expliquer sur l’origine des fonds qui ont permis à certains d’entre eux d’acquérir, à titre personnel et au total, 30 % du capital de Clean Africa.

Créée en 2013 pour remplacer la Société de valorisation des ordures ménagères (Sovog), Clean Africa, qui était au départ un établissement d’économie mixte, s’est transformée en établissement public. Ses actionnaires privés ont alors cédé leurs parts à l’État, dans des conditions qui font soupçonner aux enquêteurs qu’il y a eu détournement de fonds publics.

Quant aux sommes dues aux prestataires, les enquêteurs mettent en cause un directeur du ministère de l’Intérieur, qui devait veiller au respect du cahier des charges. Selon eux, lesdits prestataires collectaient certes les ordures, mais ne se sont jamais acquittés des autres tâches, comme le nettoyage des bassins versants ou le curage des caniveaux.

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