Santé

Vaccins, antibiotiques, antipaludéens contrefaits : l’Afrique face au péril des faux médicaments

Un étal de faux médicament à Abidjan, le 13 octobre 2018.

Un étal de faux médicament à Abidjan, le 13 octobre 2018. © Reuters

Frontières poreuses, législations peu dissuasives et faiblesse de l’offre de santé constituent un terreau fertile sur lequel prospère le trafic de faux médicaments en Afrique. Le 18 janvier, à Lomé, sept chefs d’État se sont engagés à criminaliser ce trafic et à renforcer leur coopération.

Plus de sept tonnes de produits pharmaceutiques et cosmétiques contrefaits ont été détruits à Libreville le 16 janvier. Le fruit d’une opération de quelques semaines qui a réuni la Direction gabonaise du médicament et de la pharmacie, ainsi que celle de la concurrence et de la consommation contre l’introduction frauduleuse et la vente illicite de produits falsifiés. En février 2019, au Burkina Faso, une opération de même nature avait permis la saisie de près de 30 tonnes de produits pharmaceutiques illicites. Entre 2017 et 2018, les autorités ivoiriennes en ont quant à elles saisi 385 tonnes.

Si près de 10 % des médicaments vendus dans le monde sont des faux, l’Afrique est le continent le plus touché par ce fléau. Le continent importe près de 90 % de ses produits pharmaceutiques, ce qui le rend particulièrement vulnérable.

« Les faux médicaments constituent un vrai problème de santé publique pour les populations africaines. Des études de l’OMS révèlent que près de 60 % des médicaments qui sont vendus dans certains pays sont de qualité inférieure ou purement et simplement falsifiés », regrette le Dr Idi Illiassou Mainassara, ministre nigérien de la Santé. Pour lui, « tout médicament rentré dans un pays à travers un circuit irrégulier est un faux médicament. »

Des faux médicaments saisis à Abidjan, le 6 novembre 2018. © Des faux médicaments saisis à Abidjan, le 6 novembre 2018. © Reuters

Cette initiative a été mise en place par quelques pays. Pour qu’elle ait un impact, elle doit s’étendre à l’échelle du continent

En Afrique, ce trafic illicite concerne, entre autres, les antibiotiques, les antipaludéens, les antidouleurs, les seringues, les biberons et les produits cosmétiques. On estime à 100 000 le nombre de personnes qui meurent chaque année sur le continent à cause de faux médicaments. En mars 2019, alors que le Niger lançait une campagne d’immunisation des enfants contre la méningite, les autorités sanitaires ont découvert la circulation d’un vaccin frelaté. Deux ans plus tôt, la police avait saisi saisi 13 tonnes de vaccins contrefaits provenants d’Inde. Certains flacons ne contenaient que de l’eau.

Cet article est réservé aux abonnés

Déjà abonné ?

Accédez en illimité à Jeune Afrique Digital
Accès à tout le site web - 2 applis - 1 édition digitale - 2 newsletters

(sans engagement, résiliez à tout moment)

(payez en une fois et profitez de 2 mois offerts !)

1 minute suffit pour vous abonner à Jeune Afrique Digital !

  • + d'analyses
  • + d'informations exclusives
  • + de débats
  • + d'historique (2 ans d'archives)
  • + d'avant-première (accès 24h avant la publication)
  • + de formats (site web, 2 applis, 1 magazine digital, 2 newsletters)

Votre magazine JEUNE AFRIQUE

consultable sur smartphone, PC et tablette

Couverture

Profitez de tous nos contenus exclusifs en illimité !

Abonnez-vous à partir de 7,99€

Déjà abonné(e) ? Accédez au kiosque

Abonnez-vous à la version papier

Fermer

Je me connecte