Politique

En France, « la génération qui vient » exige « la vérité sur le génocide des Tutsis »

Mis à jour le 19 juin 2014 à 21:12

Dans une tribune publiée dans le journal « Libération », des dirigeants de mouvements de jeunesse de partis politiques français et d’associations ont réclamé jeudi « la vérité sur le génocide des Tutsis », refusant de céder à la « loi du silence ».

Pour eux, les choses sont claires : "Paris a soutenu le régime génocidaire au Rwanda avant, pendant et après le génocide perpétré contre les Tutsis. (…) Une poignée de personnalités, de droite comme de gauche, situées au plus haut niveau de l’appareil de l’État, endossa au cours du second mandat septennat de François Mitterrand, la responsabilité d’une politique secrète qui dura, à minima, de 1990 à 1994."

Paul Morin, directeur du Mouvement antiraciste européen (Egam), Laura Slimani, présidente des Jeunes socialistes, Antoine Carette, président des Jeunes démocrates, Laura Chatel et Lucas Nédélec, secrétaires fédéraux des Jeunes écologistes, Nordine Idir, secrétaire général du Mouvement des jeunes communistes de France, Sélim-Alexandre Arrad, président des Jeunes radicaux de gauche, ainsi que plusieurs autres des dirigeants de jeunesse de partis politiques français et d’associations de jeunesse, ont publié le 19 juin une tribune dans les colonnes de Libé, dans laquelle ils pointent la politique mise en place par "une poignée de responsables" français de l’époque, laquelle avait pris la forme d’un "soutien politique, militaire et diplomatique envers les extrémistes rassemblés dans le mouvement Hutu Power".

"Nous irons à Bisesero"

Pas question pour ces jeunes dirigeants français de "laisser [cette] poignée de hauts responsables parler au nom de la France". Car, dénoncent-ils, "depuis 20 ans, ces hauts responsables se drapent dans ‘l’honneur de la France’ qui serait mis en cause". "Leur rhétorique indigne vise à enrôler d’autorité la France tout entière afin d’abriter leurs responsabilités derrière son innocence".

>> Lire aussi : Bisesero, trois jours de trop.

La "génération qui vient" en France refuse donc de s’inscrire dans ce schéma. Pour elle, "la recherche de la vérité sur le génocide des Tutsis est un absolu". Un message que les dirigeants français de demain comptent porter à la société civile et aux jeunes générations rwandaises. "Nous irons à Bisesero inhumer ceux qui y ont été exterminés et rendre hommage à ces soldats français qui (…) eurent le courage de désobéir aux ordres pour sauver des hommes, des femmes et des enfants voués à la mort", promettent-ils.

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Par Trésor Kibangula