Religion

Gabon: Omar Bongo Ondimba, un président oecuménique

Sur fond de chants liturgiques chrétiens, cinq imams gabonais récitent, sans interruption, des versets du Coran à côté du cercueil d'Omar Bongo Ondimba: les obsèques du président du Gabon, mardi à Libreville, étaient oecuméniques à l'image de ce catholique converti à l'islam.

Né Albert-Bernard, le président Bongo se prénomme Omar depuis sa conversion en 1973, en marge du rapprochement diplomatique entre le Gabon, jeune Etat pétrolier, et plusieurs pays musulmans producteurs de brut.

Après un pèlerinage à La Mecque, Omar Bongo devient El Hadj.

Son fils Alain se convertit à son tour pour devenir Ali Ben Bongo – aujourd’hui l’un des candidats potentiels à la succession. En revanche Pascaline, fille et directrice de cabinet du président, choisit de conserver sa foi initiale.

Les musulmans ne représentent qu’une infime minorité de la population gabonaise, et les liens du président avec la chrétienté n’ont jamais été rompus dans ce pays majoritairement catholique mais où les Eglises pentecôtistes ne cessent de gagner du terrain.

Les obsèques organisées pendant une semaine, avec une cérémonie solennelle mardi en présence d’une quinzaine de chefs d’Etat, ont été officiellement qualifiées d' »oecuméniques » par les autorités.

Le nonce apostolique est ainsi arrivé avec une imposante couronne de fleurs au nom du pape Benoît XVI, avant un culte oecuménique ouvert par l’archevêque de Libreville, Mgr Basile Mvé Engone.

« Les confessions religieuses s’adressent à Dieu tout puissant (. . . ) pour qu’il le reçoive dans son paradis (. . . ) et pour qu’il accorde à notre pays une transition paisible », a-t-il affirmé.

Il a ensuite cédé la parole à des représentants des autres religions, dont des pasteurs protestants puis un imam, qui ont unanimement salué la mémoire de leur « cher et regretté président ».

La « prière finale », le « Notre Père », a été prononcée par Mgr Mvé Engone.

Mais le président gabonais avait aussi une autre facette spirituelle, qui lui a fait adjoindre en 2003 à son nom le patronyme de son père pour devenir Omar Bongo Ondimba et se rapprocher ainsi de ses ancêtres.

En fait, selon plusieurs sources, l’inhumation prévue jeudi « dans l’intimité » à Franceville, dans sa région natale du sud-est du Gabon, sera accompagnée d’un rituel animiste.

« Il n’y a que les initiés qui pourront y assister », et uniquement de sexe masculin, explique à l’AFP à Franceville un jeune de 34 ans qui assure appartenir à la grande famille présidentielle.

« Chez nous, on le fait autant pour les obsèques que pour le retrait de deuil, pour dire au revoir au défunt, couper le lien avec le monde des vivants », ajoute-t-il.

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