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Ismail Douiri (Attijariwafa) : « Nous anticipons au maximum le niveau de risque pour éviter les mauvaises surprises »

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Mis à jour le 28 octobre 2020 à 10h32
Ismail Douiri pilote la banque de détail à l’International et les filiales de financement spécialisées de Attijariwafa Bank.

Ismail Douiri pilote la banque de détail à l’International et les filiales de financement spécialisées de Attijariwafa Bank. © DR

La crise du Covid-19 force les banques à évaluer leurs risques de crédit sur une base très incertaine. Décryptage avec Ismail Douiri, DG délégué de Attijariwafa Bank.

Directeur général d’Attijiriwafa Bank en charge de la banque de détail à l’international et des filiales de financement spécialisées, Ismail Douiri a rejoint la banque en 2004.

Présente dans 12 pays en Afrique, la filiale du groupe Al Mada a réalisé au premier semestre de l’année 12,4 milliards de dirhams (1,14 milliard d’euros) de PNB (+ 5,1%), pour un résultat net part du groupe de 1,2 milliard de dirhams, en baisse de plus de 57 % par rapport à l’exercice précédent. En 2019, les filiales sur le sol africain ont contribué à hauteur de 33,2 % dans le PNB et de 29 % dans le RNPG du groupe. Entretien.

Jeune Afrique : Comment le groupe Attijariwafa a-t-il absorbé l’impact de la crise sur son coût du risque ? 

Ismail Douiri : Confrontés aux nombreuses incertitudes face à ce choc inédit, nous avons, comme le permettent les normes comptables IFRS, eu recours à des estimations « à dire d’expert » des probabilités de défauts et des taux de récupération des crédits en cas de défaut. Cela a permis au management d’exprimer comptablement la meilleure estimation du coût du risque.

Par ailleurs, et ce, de manière plus conventionnelle, nous avons mis à jour tous nos modèles statistiques en tenant compte des prévisions macroéconomiques dégradées dans tous nos pays de présence.

Pour quels résultats ? Comment le coût du risque a-t-il évolué ? 

Au premier semestre, le coût du risque consolidé a atteint 3,02 milliards de dirhams (environ 280millions d’euros ; +231 % sur un an), soit 1,39 milliard de dirhams pour la banque au Maroc, 766 millions de dirhams pour les filiales financières spécialisées, 574 millions de dirhams pour les filiales de banque de détail à l’international et 289 millions de dirhams pour l’assurance.

Sur une base annualisée, ce coût du risque monte à 1,7 % des encours de crédits, c’est un niveau inédit pour le groupe Attijariwafa Bank depuis que nous publions nos comptes aux normes IFRS.

Il faut bien noter que ces coûts tiennent compte de nos hypothèses prudentes sur l’éventuelle dégradation du risque futur et non du risque observé, qui reste faible. Ces hypothèses seront ajustées au fur et à mesure de nos observations et de la sortie de crise. Nous avons décidé d’anticiper au maximum le niveau de risque imaginable, afin de n’avoir aucune mauvaise surprise à l’avenir.

Comment ces évolutions impacteront-t-elles les résultats en fin d’année ? 

À partir de nos hypothèses extrêmement prudentes et au vu des résultats du troisième semestre, nous pensons que le coût du risque sur l’année sera plus faible que celui affiché au premier semestre. Mais l’environnement général des risques restera dégradé pour l’avenir proche.

Nous avons prouvé notre capacité d’adaptation à des conditions changeantes

Par ailleurs, la reprise de l’activité commerciale a été plus rapide que prévu. La rentabilité du second semestre sera donc sans doute meilleure que celle du premier semestre.

Nous avons prouvé notre capacité d’adaptation à des conditions changeantes tout en apportant un appui très fort aux économies où nous opérons. À titre illustratif, plus de 200 000 de nos clients dans les différents pays de présence ont bénéficié de moratoires sur leurs échéances de crédit.

Au Maroc, nous représentons 30 % à 35 % de parts de marché dans les crédits « Damane » [garantis par la Caisse centrale de garantie et à un taux plafonné] mis en place par le gouvernement, la Banque centrale et le système bancaire, outil majeur du plan de sauvegarde et de relance économiques.

C’est largement supérieur à nos parts de marché « naturelles » et cela démontre notre mobilisation auprès de nos clients dans cette période inédite. Et ce, en accélérant notre transformation digitale et en constatant une adoption plus rapide de nos services sur les canaux digitaux.

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