Politique

Gabon : extraits exclusifs du livre de Laure Olga Gondjout, ex-collaboratrice d’Omar Bongo

Réservé aux abonnés | | Par Jeune Afrique
Laure Olga Gondjout, ancienne ministre gabonaise des Affaires étrangères

Laure Olga Gondjout, ancienne ministre gabonaise des Affaires étrangères © Tiphaine Saint-Criq

Prévue début octobre, la sortie du livre de l’ancienne ministre des Affaires étrangères suscite déjà des remous à Libreville. Jeune Afrique, qui en a obtenu quelques bonnes feuilles, vous en révèle en exclusivité le contenu.

Par courtoisie, Laure Olga Gondjout (LOG) a fait parvenir la couverture de son ouvrage Instants de vie, Omar Bongo, les miens et le monde, au Palais du bord de mer, afin de l’informer de son projet éditorial. Si celle-ci a fuité, le contenu de ce livre, à paraître aux éditions Tabala basées à Abidjan, n’a pas encore été dévoilé.

Cette ancienne proche collaboratrice d’Omar Bongo (de 1984 à 2009) âgée de 66 ans et installée en Côte d’Ivoire depuis peu – elle en a récemment acquis la nationalité –, reste attachée au Gabon, auquel elle consacre l’essentiel de son récit. Elle y met en lumière les coulisses du pouvoir telles qu’elle les a vécues, mais livre aussi ses réflexions et s’explique notamment sur le « recul » qu’elle a pris ces dernières années pour « observer » et « déplorer » l’actuelle situation socio-politique du Gabon.

« Le contentieux post-électoral de l’élection présidentielle de 2016, à l’issue de laquelle les pouvoirs publics ont tout de même reconnu quatre ou cinq morts, et qu’une partie de l’opposition continue de contester, a créé une situation qui apparaît comme un frein à l’indispensable dialogue. Celle-ci ne peut laisser indifférente l’une des disciples d’Omar Bongo que je suis. Plus que jamais, le pouvoir apparaît comme l’affaire de certains compatriotes qui, bien entendu, désirent le garder, et en face d’eux, d’autres compatriotes considèrent qu’ils sont à eux seuls l’incarnation de l’alternative. Ce qui, inévitablement, renforce la situation de blocage actuel du pays », écrit la fille de Paul Indjendjet Gondjout, ancien sénateur sous la IVe République française (de 1949 à 1958), qui fut aussi président de l’Assemblée nationale à deux reprises.

Vers un retour en politique ?

Si elle n’a pas démissionné du Parti démocratique gabonais (PDG), LOG ne reviendrait pas dans le jeu politique sans conditions. « Je serai intéressée par tout appel qui s’inscrirait dans une logique de préservation de l’unité de notre pays, s’il répond à une stratégie de rassemblement des Gabonais de tous bords, pour la préservation du « Gabon d’abord ». C’est cette leçon que nos pères fondateurs nous ont légué. C’est cette logique qui a justifié le rapprochement entre Léon Mba et Paul Gondjout sous les auspices du président Félix Houphouët-Boigny, puis entre Omar Bongo et Paul Mba Abessole en 1993, lorsque Omar Bongo sauva la vie à Paul Mba Abessole. Mais aussi, lors des accords d’Arambo, en 2006, entre Omar Bongo et Pierre Mamboundou », poursuit-elle.

Le Gabon ne peut pas et ne saurait se construire sans tous ses filles et ses fils »

Elle justifie aussi son appel au dialogue de 2016, lancé alors qu’elle était médiateur de la République. « Quel que soit leur bord, les hommes et les femmes politiques doivent comprendre que le Gabon ne peut pas et ne saurait se construire sans tous ses filles et ses fils. C’est cette logique qui me guide. »

Autant de signes indiquant que cette femme politique, pour l’instant reconvertie dans la gestion d’un cabinet de consultant, n’entend pas rester les bras croisés en vue de la présidentielle de 2023…

Jeune Afrique Digital

L'abonnement 100% numérique

consultable sur smartphone, PC et tablette

JA3103_600 devices

Profitez de tous nos contenus
exclusifs en illimité !

Inclus, le dernier numéro spécial de Jeune Afrique

Abonnez-vous à partir de 1€
Fermer