Conseil

Audit et conseil : avec Nadine Tinen, PwC joue la carte de la continuité

La patronne va sensiblement renforcer les effectifs. © KIDEKPhOTO/PWC

Création de hubs à Kinshasa et à Douala, développement du conseil aux PME... La Camerounaise, nommée en juillet, ne manque pas de projets pour l’Afrique francophone.

Rigoureuse et dotée d’une solide confiance en elle, Nadine Tinen n’a jamais douté de ce qu’elle pourrait accomplir au sein de PricewaterhouseCoopers (PwC). En juillet 2017, la Camerounaise de 45 ans a vu son ambition récompensée en étant nommée, vingt-deux ans après son entrée dans le cabinet, à la tête de la branche Afrique francophone.

Une promotion qui lui a également ouvert les portes du comité exécutif de la filiale française du cabinet de conseil, d’audit et d’expertise-comptable.

Maîtrise et ténacité

Cette fiscaliste, diplômée de l’université de Bourgogne – où elle a obtenu un DESS de droit fiscal, un magistère de droit des affaires, fiscalité et comptabilité et un diplôme international de droit fiscal européen –, succède à l’Ivoirien Édouard Messou, dont elle fut la collaboratrice lorsqu’elle dirigeait la succursale camerounaise. « Un homme talentueux, désireux de promouvoir la diversité et soucieux du développement de ses équipes », salue-t-elle.

Elle a cette capacité à revenir à la charge sans pour autant être agressive,

Cette mère de trois enfants ne manque pas d’atouts pour attirer de nouveaux clients, notamment les start-up et les petites et moyennes entreprises, nouvelles cibles de la firme. « Sa maîtrise des dossiers et sa ténacité sont remarquables. Elle a cette capacité à revenir à la charge sans pour autant être agressive », reconnaît le patron de l’énergéticien Eneo, Joël Nana Kontchou, qui l’a éprouvée sur des problèmes de fiscalité et de gestion en ressources humaines.

Objectifs ambitieux

Nadine Tinen reprend donc le flambeau alors que le programme d’investissement de 200 millions de dollars (155 millions d’euros) – dont 70 millions consacrés à l’Afrique francophone –, annoncé en 2014 pour renforcer les activités de PwC sur le continent, est en cours. Cela s’est notamment traduit par l’ouverture de deux hubs à Casablanca et à Abidjan.

Le nombre d’associés va franchir la barre des 40 en 2022

Elle se donne des objectifs ambitieux pour la branche Afrique francophone de PwC. Les effectifs seront renforcés, passant de 700 collaborateurs actuellement à quelque 900 en 2022. De 28 aujourd’hui, le nombre d’associés va franchir la barre des 40 à cet horizon.

Ces évolutions se traduiront sur le plan organisationnel par l’ouverture en 2020 de deux nouveaux hubs, à Kinshasa et à Douala, ainsi que par la création d’une académie pour faire éclore des talents, même si le nombre de bureaux dans la région, à savoir dix, n’est pas amené à évoluer.

Miser sur le secteur de la santé

Reflétant le dynamisme du marché du conseil, le chiffre d’affaires devrait progresser de 40 %, pour atteindre 70 millions d’euros en 2022. « Il a évolué de 11,6 % en 2016. Il y a une forte demande des États et des entreprises, et le marché reste confiant pour les années à venir, car l’environnement se complexifie », observe la patronne.

Si les secteurs prioritaires ciblés, à savoir les services financiers, les télécoms, l’industrie, l’énergie, le secteur public et les infrastructures, demeurent les mêmes, l’apparition d’Ebola a amené le cabinet à s’intéresser aussi à la santé. Nadine Tinen mise sur la technologie pour améliorer l’offre de services.

« L’analyse des données devient l’un de nos axes de développement, et l’utilisation des drones est aujourd’hui incontournable pour collecter les informations nécessaires à la satisfaction de notre clientèle », suggère-t-elle.

Faire face au manque d’investissement

L’environnement morose propre à certaines économies de sa zone de compétences ne semble aucunement être un obstacle pour elle. « Ces États sont obligés d’effectuer des investissements appropriés pour la croissance, dans le secteur énergétique par exemple. Notre expérience mondiale et notre pratique du terrain nous amènent à proposer des benchmarkings susceptibles de mieux les accompagner dans leur transformation économique », résume la dirigeante.

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