Extension Factory Builder
07/08/2013 à 09:36
Diminuer la taille du texte Augmenter la taille du texte Imprimer Envoyer Partager cet article
Des listes électorales à Kidal, lors du premier tour de la présidentielle. Des listes électorales à Kidal, lors du premier tour de la présidentielle. © AFP

À Kidal, au nord du Mali, aucun des deux candidats qualifiés pour le second tour de la présidentielle, Soumaïla Cissé et Ibrahim Boubacar Keïta, ne suscite l'enthousiasme de la population. Dans le fief des Touaregs, les manifestations pro-rebelles se succèdent dans un climat toujours tendu.

Si à Bamako, l'ambiance est à la négociation d'alliances autour de Soumaïla Cissé et d'Ibrahim Boubacar Keïta en vue du second tour de la présidentielle, prévu le 11 août, Kidal, elle, la ville symbole de la division du pays, vit toujours à l'heure de la contestation.  Mardi 6 août, des dizaines de jeunes et des femmes ont organisé une nouvelle marche de soutien aux rebelles touaregs du Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA).  « Ils ont remis une lettre à la force Serval et à la Minusma pour demander la libération de détenus touaregs à Bamako », dit le gouverneur de la région Adama Kamissoko, à Kidal.

C'est déjà dans un climat tendu que le premier tour a eu lieu, le 28 juillet. Beaucoup d’électeurs n’ont pas réussi à trouver leurs bureaux de vote, tandis que d'autres, notamment ceux de localités éloignées telles Tin-Essako, n’ont pas fait le déplacement en cette période de ramadan et d'hivernage.

Très faible participation

Autre difficulté : les réticences culturelles des Touaregs à se soumettre à certaines mesures de sécurité imposées par la Minusma (force onusienne) aux abords des bureaux de vote. « Ils n’aiment pas être fouillés en public et enlever leur turban. Ce qui fait que beaucoup sont restés à la maison », explique un responsable de l’administration malienne à Kidal. Conséquence : un très faible taux de participation au premier tour (12,24%).

En ira-t-il autrement pour le second ? Jusque là, rien ne permet de le dire. « Ici, on prépare plutôt la fête de l’Aïd el-Fitr [qui marque la fin du ramadan, le 7 ou le 8 août, ndlr], dit Rhissa Ag Abidine, un jeune Kidalois. Rien ne montre qu'on est en période d’élection »,  poursuit-il. «  Il n’y a pas de campagne présidentielle, confirme Sidi Mohamed Ag Natt, un autre jeune de Kidal. On ne sait pas qui est le meilleur entre Soumaila Cissé et IBK, mais les gens parle beaucoup du second comme favori. »

Éducation électorale

Comme les jeunes, qui passent beaucoup de temps à manifester quand ils ne restent pas à l'ombre pour jeûner, les notables de Kidal prennent une certaine distance avec l'élection. Une fausse indifférence qui n'empêche pas les autorités gouvernementales de travailler d’arrache-pied à gommer les erreurs du premier tour. « Nous avions par exemple affiché les listes d’électeurs quatre jours avant le scrutin. Or beaucoup ont été arrachées par le vent. Cette fois, nous allons les placarder la veille du vote, le samedi. Nous éduquons aussi les gens sur la bonne manière d’utiliser l’encre afin d’éviter les bulletins nuls », explique le gouverneur, Adama Kamissoko.

___

Baba Ahmed

Abonnez-vous pour 11,25€ / mois
Tous droits de reproduction et de représentation ImprimerImprimer EnvoyerEnvoyer Partager cet articlePartager

Réagir à cet article

Mali

La course pour la direction du Bureau Afrique de l'OMS est lancée...

La course pour la direction du Bureau Afrique de l'OMS est lancée...

Qui, début novembre, succédera à l'Angolais Luís Gomes Sambo à la tête du bureau Afrique de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) ?[...]

Mali : ouverture du troisième round de négociations à Alger

Les pourparlers de paix entre le gouvernement malien et les groupes armés ont repris mardi à Alger. Le ministre malien des Affaires étrangères a appelé les différents mouvements à[...]

Mali : réouverture des négociations de paix à Alger

La reprise des pourparlers de paix entre le gouvernement malien et les groupes armés, samedi, à Alger s'inscrit dans un contexte sécuritaire particulièrement tendu dans le nord du pays.[...]

Mali : à Alger, la médiation face à deux plans de sortie de crise

Alors que la reprise des pourparlers de paix entre le gouvernement malien et les groupes armés a été reportée au 22 octobre à Alger, "Jeune Afrique" a pu se procurer en[...]

Mali : au moins 7 morts dans des combats entre le MNLA et le Gatia près de Gao

Au moins sept personnes ont été tuées lors d'affrontements jeudi après-midi, près de Gao, principale ville du nord du Mali, entre et le MNLA et le Gatia, deux groupes armés touaregs de[...]

Mali : discussions à Alger, combats vers Gao

Le MNLA et le Gatia, une milice progouvernementale, s’affrontent dans la région de Gao depuis jeudi matin. Des combats qui interviennent alors que devaient reprendre à Alger, la veille, des négociations[...]

Mali : Sultan Ould Bady et le Mujao, un jihadiste en rupture de ban

Le jihadiste Sultan Ould Bady serait en conflit avec le Mujao, au nom duquel il a pourtant récemment revendiqué plusieurs attaques contre les Casques bleus au nord du Mali.[...]

Mali : les contrats d'armement surfacturés, une bombe à retardement pour IBK

L'affaire des contrats d'armement surfacturés continue de faire des victimes... jusque dans le cercle rapproché du chef de l'État. Son conseiller spécial, Sidi Mohamed Kagnassi, a dû[...]

Mali - Seydou Keita : "Pourquoi ne pas terminer à l'AS Roma ?"

À 34 ans, Seydou Keita, le milieu de terrain malien, continue d’évoluer au plus haut niveau. Interview.[...]

Mali : quand Moussa Mara rencontre un rebelle

Moussa Mara, le Premier ministre malien, a rencontré discrètement Moussa Ag Acharatoumane, un représentant du Mouvement national de libération de l'Azawad (MNLA), le 7 octobre à[...]

Dernière Minute

Toutes les dépèches
Voir tous les dossiers