Extension Factory Builder
24/05/2012 à 12:33
Diminuer la taille du texte Augmenter la taille du texte Imprimer Envoyer Partager cet article
Le printemps arabe a bouleversé le paysage politique du continent. Le printemps arabe a bouleversé le paysage politique du continent. © AFP

Amnesty International a rendu public, jeudi 24 mai, son rapport annuel sur l’état des droits de l’homme dans le monde. En ce qui concerne le continent africain, l’année 2011 a été incontestablement celle des pays du Maghreb, où le vent du Printemps arabe poursuit sa course.

L’Afrique du Nord et le Moyen-Orient auront été les régions vedettes de l’année 2011. Ben Ali, Moubarak, Kadhafi, tous ont plié sous le poids des revendications de générations éprises de liberté. Si, dans un premier temps, ces dirigeants ont réagi de manière prévisible en tentant d’étouffer les clameurs sous les balles, ils ont chuté, l’un après l’autre, en quelques mois, bouleversant les équilibres sociaux et politiques dans la région.

Et le séisme a gagné la Syrie où, depuis plus  d’un an, Bachar al-Assad continue de s’accrocher au pouvoir. Selon les Nations unies, fin 2011 déjà, quelque 5 000 personnes avaient été tuées et des milliers avaient été blessées ou arrêtées. Des cas de torture ont également été constatés, notamment chez des enfants, précise le rapport annuel 2012 sur les droits de l’homme d’Amnesty International.

Si la soif de démocratie a bien balayé, ou fragilisé, les autocraties en place au Maghreb et au Moyen-Orient, la route reste longue et surtout les acquis sont à consolider. En Égypte, le Conseil Suprême des Forces Armées (CSFA) a, certes, autorisé des partis politiques jusque-là interdits, tel que celui des Frères Musulmans, mais l’état d’urgence a été maintenu et la grève est devenue, depuis, une infraction pénale. En Libye, la chute de Kadhafi a porté le Conseil national de transition au pouvoir et des élections locales ont eu lieu. Mais la situation n'est pas pour autant stable. Les dirigeants libyens peinent à contrôler les milices armées et la xénophobie à l’encontre des subsahariens a crû. L'année 2012 sera sans doute au moins aussi importante que celle qui a vu naître le Printemps arabe.

Fermeté en Afrique subsaharienne

Les pays d’Afrique subsaharienne se sont, à de nombreuses reprises, faits l’écho de leurs homologues nord-africains. Selon Amnesty International, « beaucoup des facteurs sous-jacents qui ont conduit aux soulèvements en Afrique du Nord et au Moyen-Orient existent également dans d’autres régions d’Afrique » touchées par la pauvreté, le chômage, la corruption et l’absence des libertés les plus élémentaires. Mais les dirigeants subsahariens ont pour la plupart réagi avec fermeté.

Au Zimbabwe, une quarantaine de militants ont été arrêtés pour le simple motif qu’ils avaient discuté des événements d’Afrique du Nord. En Angola, au Burkina Faso, en Guinée, au Liberia, au Malawi, en Mauritanie, au Nigeria, au Sénégal, en Sierra-Leone et au Soudan du Sud, des manifestations ont été réprimées, parfois avec violence. Les défenseurs des droits humains, mais également les journalistes, ont souvent fait l’objet d’arrestations et de détentions arbitraires. Au Rwanda, certains organes de presse, fermés en 2010, n’ont toujours pas repris leur activité.

Le poids croissant de la société civile

Parmi les discriminations qui persistent sur le continent, le rapport pointe celles qui visent les homosexuels, régulièrement victimes de violences. Au Cameroun, mais surtout en Ouganda, les cas d’agression sont fréquents. Au Nigeria, le Sénat a adopté une loi interdisant les relations entre personnes du même sexe.

Certains facteurs incitent toutefois à l’optimisme, comme la réussite de l’élection présidentielle sénégalaise et la sortie réussie d’Abdoulaye Wade. Une croissance économique durable - qui devra être soutenue par une bonne gouvernance – et, surtout, une société civile de plus connectée aux nouvelles technologies de l’information, contribueront à améliorer la situation des droits humains. « Toute la question est de savoir si les dirigeants d’Afrique adhéreront à ces changements », écrit Amnesty International.

 


Afficher La situation des droits de l'Homme en Afrique sur une carte plus grande

Abonnez-vous pour 11,25€ / mois
Tous droits de reproduction et de représentation ImprimerImprimer EnvoyerEnvoyer Partager cet articlePartager

Réagir à cet article

Continental

L'institut Choiseul classe ses '100 leaders économiques africains de demain'

L'institut Choiseul classe ses "100 leaders économiques africains de demain"

L'Institut Choiseul vient de publier la "Choiseul 100 Africa", un classement annuel identifiant les "leaders économiques de demain" parmi les jeunes dirigeants africains de 40 ans et moins. Certains choi[...]

Plus de 3 000 migrants ont péri en Méditerranée depuis début 2014

La traversée de la Méditerranée reste le voyage le plus meurtrier pour les migrants clandestins. Depuis début 2014, plus de 3 000 d'entre eux ont ainsi péri en chemin, selon l'Organisation [...]

Gouvernance en Afrique : votre pays est-il performant, selon l'indice Mo Ibrahim 2014 ?

La fondation Mo Ibrahim a publié, lundi 29 septembre, son indice annuel sur la gouvernance en Afrique. Bilan : l'Afrique progresse globalement, notamment grâce aux questions des droits de l'homme et de la[...]

Satan is back

Même si l'on reproche aux journalistes - souvent à raison - de ne parler de l'Afrique subsaharienne que sous l'angle de ses échecs, lesquels masquent le foisonnement de ses réussites[...]

La Francophonie confrontée au casse-tête de la succession d'Abdou Diouf

Après 12 ans sous la férule de l'ancien président sénégalais Abdou Diouf, l'Organisation internationale de la Francophonie (OIF) se trouve face au casse-tête de sa succession fin novembre[...]

La fondation pour l'Afrique de Borloo en marche d'ici la fin de l'année

Jean-Louis Borloo, qui s'est retiré de la vie politique en avril dernier, estime que sa fondation sur l'Afrique sera opérationnelle d'ici la fin de l'année, a-t-il indiqué dans un entretien au[...]

Ebola : le FMI accorde une aide supplémentaire aux pays touchés

Le Fonds monétaire international (FMI) a approuvé vendredi une enveloppe supplémentaire de 130 millions de dollars en faveur des trois pays les plus frappés par Ebola (Guinée, Liberia, Sierra[...]

Burkina Faso : 4 octobre 1984, le discours historique de Sankara à l'ONU

Sankara visionnaire ? En se présentant, le 4 octobre 1984, à la tribune des Nations unies, le jeune capitaine burkinabè était loin d'imaginer que, 30 ans plus tard, la plupart des thèmes de son[...]

Afrique de l'Ouest : ce que vos dirigeants ont dit sur Ebola

Les dirigeants africains ont-ils pris suffisamment tôt la mesure du danger que représentait le virus Ebola ? Pour tenter de répondre à cette question, nous avons répertorié les[...]

Immigration : mort à crédit en Méditerranée

Ils paient des passeurs sans scrupule à prix d'or pour traverser la Méditerranée. Cette année, trois mille migrants ont perdu la vie dans ce voyage. Un commerce lucratif et un drame humain face[...]

Dernière Minute

Toutes les dépèches
Voir tous les dossiers