Extension Factory Builder
20/09/2011 à 09:21
Diminuer la taille du texte Augmenter la taille du texte Imprimer Envoyer Partager cet article
La marque locale du groupe britannique accapare autour de 70% des volumes. La marque locale du groupe britannique accapare autour de 70% des volumes. © Hassan Ouazzani pour J.A.

Malgré l’ouverture à la concurrence, Imperial Tobacco continue de régner sans partage sur le marché du tabac. Pour l’instant, seuls deux autres fabricants ont obtenu l’agrément des autorités.

Les 15 milliards de cigarettes vendues chaque année au Maroc ne partent pas en fumée pour tout le monde. Et surtout pas pour Altadis, l’ancien monopole privé. Racheté en 2007 par le britannique Imperial Tobacco, le cigarettier continue de dominer largement (plus de 83 % des ventes au premier semestre), en dépit de l’ouverture du marché à la concurrence le 1er janvier. Reste qu’en coulisses la concurrence se prépare, et ce même si le régulateur, prudent, délivre les autorisations de distribution… avec modération.

Pour déloger Imperial Tobacco, troisième producteur mondial, il faudra du temps et un certain talent de lobbyiste. Le prix minimal du paquet a été fixé par les autorités à 25 dirhams (2,21 euros) pour les nouveaux entrants. Vendue à partir de 15,5 dirhams, Marquise, la marque locale du groupe britannique fabriquée dans son usine d’Ain Harrouda (près de Casablanca), paraît donc loin d’être menacée et devrait continuer à accaparer 70 % des volumes (chiffre estimé par la concurrence). Sur le segment des marques internationales (de 25 à 35 dirhams le paquet), Fortuna et Gauloises blondes, toutes deux dans le portefeuille d’Imperial Tobacco, continuent de faire des adeptes parmi les classes moyenne et aisée. Enfin, le partenariat signé par le groupe britannique avec l’américain Philip Morris International lui permet aussi de produire et de distribuer la marque Marlboro.

En face, seuls deux grands fabricants, qui écoulaient auparavant leurs produits via Altadis, ont reçu leur sésame du ministère des Finances pour les distribuer eux-mêmes. Japan Tobacco International (Winston, Camel…) a noué un partenariat avec l’espagnol Daba, distributeur et embouteilleur de Coca-Cola dans le pays. Quant à British American Tobacco (Dunhill, Lucky Strike…), il a choisi Dislog, propriété du ministre de la Jeunesse et des Sports, Moncef Belkhayat. « Cela n’a pas nui à l’obtention de son autorisation de distribution », feint de s’étonner un concurrent. Mais même appuyées par des groupes marocains, les deux multinationales ont bien du mal à percer : « Les commerciaux d’Altadis menacent les buralistes de ne plus les livrer s’ils écoulent les marques concurrentes », s’indigne ce même acteur, qui attend une intervention du Conseil national de la concurrence.

Procédure fastidieuse

Deux autres sociétés, non encore autorisées, sont dans les starting-blocks. Kamil Ouazzani, PDG de Capital Finance (qui distribue notamment des spiritueux), a déposé en mars une demande d’autorisation pour sa filiale K-Dis. Depuis, pas de nouvelles. « J’ai pourtant suivi toute la procédure, fastidieuse, et investi plus de 10 millions de dirhams [près de 883 000 euros, NDLR] », s’insurge l’homme d’affaires, qui s’est allié avec deux poids moyens du secteur, l’égyptien Eastern Tobacco et l’arménien Cigaronne. Kamil Ouazzani est convaincu qu’il y a de la place pour lui sur des segments comme les cigarettes slim, pour les femmes, ou les cigares.

Autre outsider : le deuxième distributeur de tabac en Espagne, Comet. « Notre expérience de l’ouverture réussie du marché du tabac en Espagne devrait plaider en notre faveur », espère Hatim Benjelloun, chargé des relations publiques de Comet au Maroc, qui a déposé une demande d’autorisation le 22 juillet. La société, bien positionnée sur le segment des cigares, indique « comprendre que la libéralisation du secteur se fasse par paliers et avec prudence ».

En attendant de nouvelles autorisations, le leader britannique a nommé, le 5 septembre, Paul Leggat – qui a fait ses preuves en pilotant ses ventes en duty free – à la tête d’Altadis Maroc. Imperial Tobacco prépare sa réplique.

Abonnez-vous pour 11,25€ / mois
Tous droits de reproduction et de représentation ImprimerImprimer EnvoyerEnvoyer Partager cet articlePartager

Article suivant :
Justice tunisienne : grand corps malade

Article pr�c�dent :
Burkina : Blaise ménage ses chefs

0 réaction(s)

Réagir à cet article

Maroc

Le patron du fisc marocain prend la tête de la CDG

Le patron du fisc marocain prend la tête de la CDG

Le nom du nouveau directeur général de la Caisse de dépôt et de gestion est désormais connu. Il s'agit d'Abdellatif Zaghnoun, actuel directeur général des impôts. Pur produit d[...]

Abdellah Taïa, une errance parisienne

Tourmenté, l'écrivain Abdellah Taïa semble l'être autant que les personnages de son nouveau roman, une prostituée et un transsexuel exilés en France. Comme eux, il poursuit une longue[...]

France : la Cour de cassation valide le mariage d'un couple homosexuel franco-marocain

Après dix-huit mois de quiproquo judiciaire, la Cour de cassation française a validé mercredi le mariage d'un couple homosexuel franco-marocain. Le parquet s'opposait à la légalité de[...]

Immobilier : Zinafrik lance un mégaprojet logistique au Maroc

Selon les informations recueillies par "Jeune Afrique", le groupe marocain Zinafrik, spécialisé dans la sidérurgie, l'immobilier et la logistique, a conclu un partenariat stratégique avec[...]

Vidéo : jusqu'où ira la crise diplomatique franco-marocaine ?

Tout a commencé il y a près d'un an, le 20 février 2014, lorsque des policiers porteurs d'une convocation adressée par un juge d'instruction au directeur de la sécurité intérieure[...]

France : le Conseil constitutionnel valide la déchéance de nationalité d'un jihadiste franco-marocain

Le Conseil constitutionnel a validé vendredi la déchéance de la nationalité française d'un jihadiste franco-marocain condamné pour terrorisme. Une décision qui était[...]

France-Maroc : Salaheddine Mezouar reporte sa visite à Paris

Prévue vendredi prochain, la visite en France du ministre marocain des Affaires étrangères, Salaheddine Mezouar, censée débloquer la crise diplomatique entre Paris et Rabat, a été[...]

Six ans de prison requis en France à l'encontre d'un "cyberjihadiste" marocain

Devant le tribunal correctionnel de Paris, le procureur a requis mardi six ans de prison et une interdiction définitive du territoire français à l'encontre de Fahd Jobrani, un "cyberjihadiste"[...]

Pour Carlos Ghosn, le "Nigeria est le Brésil de demain"

Pour Carlos Ghosn, le décollage du marché automobile nigérian n'est qu'une question de temps. Et l'alliance Renault-Nissan dont il est le patron se positionne déjà pour être[...]

Mezouar à Paris : réconciliation en vue entre le Maroc et la France ?

Le ministre marocain des Affaires étrangères, Salaheddine Mezouar, sera à Paris vendredi 23 janvier. Objectif : "Surmonter définitivement et durablement les obstacles qui entravent la[...]

Dernière Minute

Toutes les dépèches
Voir tous les dossiers
Purging www.jeuneafrique.com/Article/ARTJAJA2644p065.xml0 from 172.16.0.100 Purging jeuneafrique.com/Article/ARTJAJA2644p065.xml0 from 172.16.0.100