RD Congo : la défense des militants de Lucha dénonce une violation des droits de la part de la Cour suprême

Yves Makwambala et Fred Bauma attendent toujours de connaître leur sort, la Cour suprême ne s’étant pas encore prononcée en RDC. Une violation des droits civiques et des libertés fondamentales, selon leur défense.

Fred Bauma, militant du mouvement Lucha. © Frederico Scoppa / AFP

Fred Bauma, militant du mouvement Lucha. © Frederico Scoppa / AFP

Publié le 17 mars 2016 Lecture : 2 minutes.

La défense de Yves Makwambala et Fred Bauma, deux militants arrêtés en mars 2015 à Kinshasa, s’est déclarée mercredi 16 mars au soir embarrassée par le silence de la Cour suprême de justice de RDC, qui était censée rendre sa décision sur leur demande de remise en liberté le jour même.

« La loi prévoit que la décision en matière de mise en liberté provisoire soit rendue dans les 48 heures en audience publique. Mais, dans le dossier qui concerne Yves Makwambala et Fred Bauma, on est au-delà de 8 jours (…) nous sommes dans l’embarras, nous ne comprenons pas ce qui se passe », a déclaré Me Venance Kalenga, un de leurs avocats.

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Leur procès s’est en effet ouvert il y a plusieurs mois mais est suspendu à la décision de la Cour suprême de justice, qui avait annoncé le 7 mars qu’elle rendrait son verdict le 9 mars, avant de le reporter au 16 mars. Mais les juges de la Cour suprême de justice ne se sont pas présentés mercredi, et n’ont pas fourni d’explication au public qui les attendait dans la salle d’audience.

Poursuivis pour complot contre le président Kabila

« L’attitude de la Cour est une forme de violation des droits civiques des gens, des libertés fondamentales des citoyens », a-t-il regretté, estimant que ses clients étaient en droit de connaître leur sort. Yves Makwambala et Fred Bauma, âgés tous deux d’une vingtaine d’années, sont poursuivis par la justice congolaise pour complot contre le président Joseph Kabila.

Ils avaient été arrêtés à Kinshasa le 15 mars 2015, lors d’une rencontre sur la bonne gouvernance en Afrique organisée par Filimbi, qui se présente comme un collectif de mouvements d’éducation à la citoyenneté, non-partisan et non-violent. Cette rencontre avait été présentée par les autorités comme une réunion terroriste, un qualificatif réfuté depuis par une commission parlementaire.

Un autre retard dans le dossier de Christopher Ngoyi Mutamba

La décision de remise en liberté conditionnelle d’un autre militant associatif – Christopher Ngoyi Mutamba, détenu pour atteinte à la sûreté de l’État et dont la santé est dégradée – attendue mardi 15 mars, n’a pas non plus été rendue. Arrêté le 21 janvier 2015, les autorités tiennent Christopher Ngoyi pour l’un des principaux organisateurs des émeutes contre le pouvoir de janvier 2015, dont la répression avait fait plusieurs dizaines de morts à Kinshasa.

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« On est déçu, quand la justice ne tient pas parole, ça devient suspect », s’est inquiété son épouse, Noella Ngoyi. « On a attendu toute la journée, les juges ne sont pas là, nous sommes déçus, surpris » , a déclaré Ida Sawyer de la division Afrique de Human Rights Watch (HRW), espérant que la libération sera accordée aux jeunes activistes Fred et Yves mais aussi au défenseur des droits humains Christopher Ngoyi.

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