Guerre d’Algérie : mémoire courte, rancune tenace

Selon un sondage, les Algériens ont une connaissance très parcellaire de l’histoire de libération nationale, mais n’en conservent pas moins une rancune tenace contre les harkis. Paradoxal ?

Manifestation de joie en Algérie, le 3 juillet 1962, après la déclaration d’indépendance. © AFP

Manifestation de joie en Algérie, le 3 juillet 1962, après la déclaration d’indépendance. © AFP

Publié le 5 avril 2012 Lecture : 1 minute.

À l’occasion du cinquantenaire de l’entrée en vigueur, le 19 mars 1962, du cessez-le-feu entre l’armée coloniale française et les indépendantistes du Front de libération nationale (FLN), le quotidien francophone algérois El Watan a publié un sondage, réalisé par ECOtechnics, sur la perception des accords d’Évian. Il en ressort que les Algériens ont une connaissance parcellaire de l’histoire de leur guerre d’indépendance : 80 % des sondés sont incapables d’identifier les cinq dates clés de la révolution, 4 % à peine sont capables de citer le nom d’un négociateur algérien des accords d’Évian et 54 % avouent n’avoir jamais entendu parler de l’Organisation de l’armée secrète (OAS), qui avait pourtant semé la terreur au cours des derniers mois de la présence française.

Paradoxalement, malgré ces lacunes historiques, la rancune ne s’est pas atténuée. Ainsi, bien que 51 % des sondés estiment nécessaires des relations apaisées avec la France, 68 % considèrent que le départ des pieds-noirs a été une bonne chose et 84,5 % se montrent encore plus sévères à l’égard des harkis, excluant tout pardon pour ceux qui furent les supplétifs musulmans de l’armée française.

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Un demi-siècle après les faits, le sentiment d’hostilité à l’égard des « collabos » est toujours aussi fort. Traiter quelqu’un de harki demeure l’insulte la plus blessante dans un pays qui a montré plus de clémence envers les terroristes des Groupes islamiques armés (GIA), en adoptant en 2005 la Charte pour la paix et la réconciliation nationale.

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