Justice

Bénin : incarcéré dans l’affaire du trafic de médicaments, Atao Hinnouho évacué vers la France

Saisie de médicaments par l'Agence nationale pour l'administration et le contrôle des aliments et des médicaments à Lagos, au Nigeria, en août 2005. © AP Photo/George Osodi

Le député béninois Mohamed Atao Hinnouho est incarcéré depuis le mois de mai dans le cadre de la retentissante affaire de trafic de médicaments. Pour des raisons médicales, il va être évacué en France, a annoncé le tribunal de Cotonou.

« On lui a notifié une évacuation sanitaire sur la France parce que son état de santé s’est dégradé. Il partira probablement le jeudi 31 janvier », a confirmé Loukman Fadéyi, porte-parole du parti Réso Atao dont il était le président.

En détention depuis mai 2018, Mohamed Atao Hinnouho a été condamné en appel en novembre à six ans de prison ferme et plusieurs millions de francs CFA d’amende dans l’affaire des faux médicaments.

Plaque tournante du trafic de médicament

« Depuis plusieurs mois, notre frère se déplace en fauteuil roulant. Il a considérablement maigri », a également confié Amzat Amoussa, un proche de la famille du député joint au téléphone. La semaine dernière, le député avait été admis aux urgences de l’hôpital de référence de Cotonou « pour un malaise ». Aucun diagnostique précis n’a été communiqué.

Mohamed Atao Hinnouho est considéré comme l’une des chevilles ouvrières au Bénin du laboratoire New Cesamex, dont le siège est en RDC. D’importants stocks de médicaments avaient été saisis à son domicile et son immunité parlementaire avait été levée le 24 juillet 2018.

100 000 morts par an

Des dizaines de tonnes de faux médicaments ou de médicaments qui échappent à la commercialisation officielle ont été saisis et des dizaines de personnes arrêtées au Bénin. Le pays a la réputation – avec son grand voisin nigérian – d’être une plaque tournante du commerce illicite des médicaments pour l’Afrique de l’Ouest.

Les faux médicaments ou médicaments importés de manière illégale circulent notamment par le port de Cotonou. Ce fléau tue près de 100 000 personnes chaque année en Afrique sub-saharienne, selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS).

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