Exposition : « Picturie générale » ou l’épicerie de l’art contemporain en Algérie

Le marché Volta accueille la troisième édition de l’exposition « Picturie générale » (PGIII)

Le marché Volta accueille la troisième édition de l’exposition « Picturie générale » (PGIII) © Chloé Rondeleux pour J.A.

Jusqu'au 21 mai, 23 artistes de la scène algérienne exposent leurs œuvres multiformes dans l’enceinte désaffectée du marché Volta, au centre-ville d’Alger. « Jeune Afrique » a poussé l’imposante porte métallique de l’exposition.

Il faut se perdre un peu pour trouver le lieu. Bien qu’à deux pas de la fameuse avenue commerçante Didouche Mourad, le marché Volta qui accueille la troisième édition de l’exposition « Picturie générale » (PGIII) échappe aux non-initiés des ruelles d’Alger. C’est que fermé depuis trente ans, l’ancien « Souk el fellah » a fini par se faire oublier. Mais depuis le 23 avril, la vie a repris au milieu des vitres brisées et des murs fissurés de l’imposante bâtisse : les peintures, photographies, sculptures et installations plastiques de 23 artistes ont ranimé le marché abandonné.

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Indépendante et gratuite, sans financement et sans thème imposé, PGIII poursuit l’objectif initial de « se rapprocher d’un public peu habitué aux expositions ». D’où le nom « Picturie générale ». « La traduction française se veut un jeu de mots entre « picture », image en anglais, et « épicerie » correspondant au titre en arabe « mawad faniya 3amma » qui signifie littéralement « produits artistiques généraux » », explique à Jeune Afrique, Mourad Krinah, le commissaire de l’exposition. « Pour nous, l’art s’expose dans une épicerie, qui est un commerce de proximité accessible à tous, et non dans un magasin de luxe », poursuit ce graphiste et plasticien de 40 ans, diplômé de l’École des beaux-arts d’Alger. « Et ça tombe bien, trois ans après avoir commencé, on se retrouve dans un marché ! ».
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Du sol au plafond, les rayons de cette troisième édition sont généreusement garnis, entre les cannes à pêches posées sur des plaques d’égout de Fatima Chafaa, le mur de cent photos noir et blanc collées de Youcef Krache, la toile-bateau pleine de réfugiés suspendue dans les airs de Yasser Ameur alias « L’homme jaune ».

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Et le public est comblé. « C’est un vrai plaisir de voir ce genre de manifestation culturelle à Alger où les galeries d’art et les lieux d’exposition font défaut », se réjouit Salim, 43 ans, qui a profité du week-end pour visiter « Picture générale » avec des amis. « Je trouve le lieu formidable » commente cet Algérois charmé par « l’état brut » du marché qu’il découvre pour la première fois.

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Ouverte tous les après-midis, l’exposition se poursuit jusqu’au 21 mai. Pour la prochaine édition, « rien n’est encore décidé » répond Mourad Krinah car « l’exposition est lancée une fois que l’on a trouvé un lieu intéressant » précise le commissaire. Mais une chose est sûre, PGIV rassemblera encore plus d’artistes afin d’être « le plus représentatif possible » de cette scène artistique algérienne contemporaine bouillonnante de jeunes talents.

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