Tunisie : Hafedh Caïd Essebsi, un fils très envahissant

Hafedh Caïd Essebsi, fils du président de Nidaa Tounes, Beji Caied Essepsi, nommé au poste du coordinateur général des structures, pose dans son bureau dans le siége du partie au Berges du lac. Le 27 mai 2014. Tunisie, TunisPhoto de Ons Abid © Ons ABID pour JA

Bourguiba n’avait confié à son fils, Habib Bourguiba junior, dit Bibi, que des fonctions essentiellement diplomatiques. Béji Caïd Essebsi (BCE), lui, a laissé son fils Hafedh Caïd Essebsi (HCE), 56 ans, prendre les commandes de Nidaa Tounes – qu’il a fondé en 2012 et qui l’a conduit à la victoire électorale de 2014 – et y imposer sa mainmise.

Bien qu’il l’ait mis sur orbite, BCE se défend de vouloir faire de son fils son dauphin et souligne qu’il n’a pas à s’ingérer dans la vie des partis. Il n’empêche que l’ascension de HCE, lequel n’a aucun réel parcours politique, a de facto poussé vers la sortie deux secrétaires généraux successifs, Taïeb Baccouche et Mohsen Marzouk, dont le leadership agaçait « Monsieur Fils ».

Après le congrès de Sousse, en janvier 2016, où HCE a été désigné directeur exécutif de la formation par un groupe de proches, les départs de cadres dirigeants et de députés se sont accélérés. Depuis ce passage en force, HCE s’accroche, sans parvenir à fédérer. Résultat : Nidaa Tounes a perdu la majorité à l’Assemblée et vu sa popularité baisser.

Pressions en coulisses

En septembre 2017, HCE provoque un nouveau tollé en souhaitant se présenter à des législatives partielles dans la circonscription de l’Allemagne, avant de se rétracter. Député, il aurait pu, en tant que chef de son groupe parlementaire, être propulsé président de l’Assemblée, dont l’une des fonctions est d’assurer l’intérim en cas de vacance de la présidence de la République. Les pressions qu’il a exercées en coulisses sur le chef du gouvernement, Youssef Chahed, ont conduit le parti Al Joumhouri à quitter le gouvernement d’union nationale le 6 novembre.

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