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Biens mal acquis : alors que le procès se tient à Paris, Malabo a déjà blanchi Teodorín

Par Jeune Afrique

Vue aérienne du port de Malabo. © Renaud Van Der Meeren / les Éditions du Jaguar

Alors que, le 19 juin, à Paris, s’est ouvert le procès des biens mal acquis (BMA), dans lequel Teodoro Nguema Obiang Mangue (« Teodorín »), vice-président de la Guinée équatoriale, est accusé de détournement de fonds publics, de blanchiment et d’abus de confiance, la cour provinciale de Malabo a rendu, le 12 juin, un jugement dans cette même affaire.

Saisie le 21 avril d’une plainte de l’État équato-guinéen pour « détournement de fonds publics », « corruption », « abus de confiance » et « abus de biens sociaux », la cour a acquitté les dirigeants des sociétés Edum, Socage et Somagui Forestal, qu’on soupçonne Teodorín d’avoir utilisées pour détourner les deniers de l’État. Pour le parquet de Malabo, les virements du Trésor sur les comptes de ces trois sociétés étaient légaux et concernaient des contrats passés avec GE-Proyectos, « la société publique compétente pour la signature des contrats d’État ».

À la suite de quoi « les gérants […] versaient les dividendes sur les comptes du ou des associés », dont fait partie Teodorín. Pour les faits de corruption, la cour indique qu’« il a été prouvé l’inexistence de commissions payées à [Teodorín] par les sociétés du secteur forestier ». Elle s’appuie sur les dépositions partielles, recueillies lors de l’enquête française, de Guy Serieys, ancien ambassadeur de France en Guinée équatoriale, et de Jean-Marie Navarro, ex-directeur général de la Société générale de banques de Guinée équatoriale (SGBGE) – par où ont transité une partie des fonds.

Le premier affirme ne pas avoir eu d’« informations précises relatives à ce système de commissions », et le second qu’il n’avait « pas connaissance de ce système ». Pour la défense, cet acquittement prouve que l’État ne peut être considéré comme une victime, ainsi que l’avancent les parties civiles du procès qui se tient en France jusqu’au 6 juillet. Elles considèrent ce document comme « la signature de l’incroyable farce équato-guinéenne ! »

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