Cameroun : le secret de Paul Soppo Priso, du flair et le sens des affaires

Soppo Priso a fait fortune dans le BTP, essentiellement à Douala, au Cameroun © Nicolas Eyidi/J.A.

Topographe de formation et issu d'une célèbre lignée, le patriarche a fait fortune dans le BTP.

D ‘ où vient la fortune des Soppo Priso ? Des années après la mort du patriarche, les rumeurs les plus folles courent toujours. Les uns affirment qu’il aurait volé des diamants lorsqu’il travaillait dans les mines pendant la colonisation allemande. D’autres qu’il a fait fructifier des sommes d’argent que son frère, agent des postes et télécommunications, aurait détournées…

Un businessman hors-pair

La réalité est moins romanesque. Topographe de formation, Soppo Priso descend de l’une des plus anciennes familles de Bonapriso, le quartier chic de Douala. Brillant et populaire rival d’Ahmadou Ahidjo avant l’indépendance, il a été un pionnier du secteur des travaux publics au Cameroun. Son premier coup de génie : avoir racheté pour une somme symbolique une entreprise de BTP à un Allemand qui s’apprêtait à quitter le Cameroun. Par la suite, son flair ne s’est pas démenti. Dans le Cameroun des années 1950 et 1960, il est le premier à comprendre qu’investir dans la pierre peut être rentable. Il acquiert un nombre impressionnant de terrains entre 1950 et 1970, essentiellement à Douala.

Entré en politique dès 1938, ce conseiller de l’Union française dans les années 1950 avait tissé de solides liens à la fois en France (il a le soutien d’Antoine Pinay, ministre français des Affaires étrangères puis des Finances sous de Gaulle) et au Cameroun. Paul Soppo Priso construit pour une clientèle aisée, presque exclusivement occidentale, et la demande précède le bien. Dans la seule ville de Douala, il crée plusieurs sociétés civiles immobilières, dont l’Union générale immobilière du Cameroun et l’Union générale immobilière de Douala.

Difficile également de déterminer avec précision le nombre de biens achetés en France, mais Soppo Priso est aussi un grand propriétaire de l’immobilier parisien. On lui connaît des appartements dans les Hauts-de-Seine (à Neuilly et à Boulogne-Billancourt) et dans le Var (à Nice). Il aurait également possédé des actions dans de grandes entreprises occidentales : Total, CFAO, Schlumberger et Axa.