Des combats armés ont opposé des combattants du MNLA aux islamistes d'Ansar Eddine jeudi 7 juin dans la soirée, près de Kidal, dans le Nord du Mali.
D'après plusieurs sources concordantes, des combattants de la rébellion touarègue du Mouvement national de libération de l'Azawad (MNLA) et membres du groupe islamiste Ansar Eddine se sont affrontés jeudi soir près de la ville de Kidal, dans le Nord du Mali.
« Les combattants du MNLA et ceux d'Ansar Eddine se sont affrontés dans la nuit de jeudi à vendredi dans la périphérie de Kidal », a déclaré un fonctionnaire de la ville, joint par téléphone depuis Bamako. « Le calme est revenu à l'aube », a-t-il ajouté, tout en précisant avoir «constaté que les quelques drapeaux du MNLA qui flottaient dans la ville ont été enlevés ». « Ça a vraiment tiré. Ansar Eddine était au nord de Kidal, un groupe du MNLA au sud », a déclaré un autre civil. Les deux témoins ont dit ne pas avoir d'informations sur d'éventuelles victimes.
Interrogé par téléphone satellitaire dans la nuit, Mohamed Ag Mamoud, combattant d'Ansar Eddine, a expliqué cet affrontement par le fait que « toute cette semaine, le MNLA a manipulé à Kidal des civils qui ont manifesté » contre le mouvement islamiste. « Ils ont encouragé les femmes et les enfants à manifester contre nous. Maintenant, on va leur montrer notre force » , a-t-il lancé.
« Nous sommes attaqués, on va répondre », a de son côté indiqué Moussa Salam, un élément du MNLA, assurant que les rebelles touaregs avaient « même attaqué la maison de Iyad Ag Ghaly », chef d'Ansar Eddine et Touareg natif de Kidal.
"La crise devient tribale"
Mardi et mercredi, des habitants de cette ville, surtout des femmes et des jeunes, avaient manifesté contre la présence des islamistes et apporté leur soutien au MNLA. La manifestation de mardi avait été violemment dispersée.
Les affrontements de la nuit de jeudi à vendredi auraient opposé essentiellement les Touaregs des tribus tagamalète et idnane aux combattants ifora d'Ansar Eddine.
«La division s'installe au sein des groupes armés touaregs. La crise devient tribale. Après avoir combattu ensemble l'armée malienne, surtout dans le nord-est du Mali et en particulier à Gao (autre grande ville régionale, NDLR), les deux groupes s'affrontent désormais sur des bases tribales. C'est très dangereux », a commenté le journaliste malien Tiegoum Boubeye Maïga.
Des discussions sur un projet de fusion entre le MNLA, au départ sécessionniste et laïc, et Ansar Eddine, qui prône la charia dans tout le Mali, ont échoué ces derniers jours sur la question de l'application de la loi islamique.
Jeudi, à Abidjan, des responsables des Nations unies, de l'Union africaine et de la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest (Cedeao) ont annoncé que l'Union africaine allait saisir l'ONU pour obtenir son "appui" à une éventuelle intervention militaire dans le nord du Mali.
(Avec AFP)

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